Une saison cyclonique à Madagascar : essai sur la relation humanitaire

par Jean-Marie Stratigos

Thèse de doctorat en Ethnographie

Sous la direction de Anne-Marie Peatrik.

Soutenue en 2013

à Paris 10 .


  • Résumé

    Chaque année, l’Ouest de l’océan Indien est le foyer de phénomènes climatiques extrêmes. Madagascar, située le long de la côte est de l’Afrique, est régulièrement affectée par ces événements. Avec une population de plus de 20 millions d’habitants, pour moitié installée sur le littoral, la Grande île est classée au 144 rang (sur 177) de l’index de pauvreté du PNUD. La convergence de sa situation géographique, démographique et économique contribue à transformer l’impact de ces phénomènes météorologiques en catastrophes dites naturelles. De ce fait, chaque année voit l’arrivée de spécialistes des opérations d’urgence, qui viennent aider le gouvernement à faire face à ce que l’on nomme « la saison cyclonique ». Peu au fait que leur présence s’inscrit dans un continuum temporel et ignorants de la société dans laquelle ils se trouvent, ces intervenants agissent suivant des règles établies au niveau global et dont l’objectif annoncé est de standardiser l’action humanitaire. Sur la base de cette standardisation, l’aide internationale d’urgence est évaluée au travers d’analyses quantitatives. Fondé sur une approche ethnographique et étayé par des catégories anthropologiques, ce travail tente de rendre compte différemment de ce qui s’est passé durant la saison cyclonique 2007-2008. Au-delà de la logique comptable des évaluations traditionnelles, cette recherche permet de faire apparaître la complexité des relations entre les différents protagonistes ainsi que la chaîne de transactions qui sous-tend l’action humanitaire. Ce faisant, cette thèse apporte un éclairage nouveau et remet en question les modes d’évaluation traditionnels ainsi que leurs conclusions sur une opération.

  • Titre traduit

    ˜Aœcyclone season in Madagascar : essay on the humanitarian relation


  • Résumé

    Every year, the western Indian Ocean witnesses extreme weather. Madagascar, located off Africa’s eastern coast, is regularly affected by these events. With population of more than 20 million, half of whom live along the shore, the Grande île ranks 144th (out of 177) in UNDP’s poverty index. The concomitance of these geographic, demographic and economic conditions contributes to the transformation of these climatic phenomena into what are labeled “natural” disasters. Consequently, every year international experts land in Madagascar to help the government to what is termed “the cyclone season”. Seldom aware that their presence takes place within a temporal continuum, and with no prior knowledge of the society in which they operate, these newcomers apply rules and regulations developed at the global level to standardize humanitarian operations. International aid is then evaluated on the basis of these standards, using quantitative analysis that allows for (generally positive) reporting to donors. Applying an ethnographic approach supported by anthropological categories, this study tells a different kind of story about what happened during 2007-08 cyclone season. Looking beyond the accounting logic, which tabulates the number of food rations distributed or the number of national partners trained, this research brings to the surface the complexity that runs through relations among the different protagonists, as well as the chain of transactions that guides humanitarian action. Ultimately, it casts new light on international emergency aid, raising questions both about the processes through which it is typically evaluated and the criteria used to evaluate success or failure

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Informations

  • Détails : 1 vol. (399 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.345-359.

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T13 PA10-036
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