La communauté villageoise de Litang, et ses transmissions généalogiques et rituelles dans la construction de la modernité chinoise (du XIXe siècle à nos jours)

par Georges Favraud

Thèse de doctorat en Ethnologie

Sous la direction de Brigitte Baptandier Berthier.


  • Résumé

    Comment une communauté locale chinoise, structurée à la fois par ses transmissions patrilinéaires et taoïstes, participe-t-elle à la construction de la « modernité » ? Cette thèse montre la manière dont s’articulent et se transforment ces deux structures sociales communautaires fondamentales, afin de s’élaborer, de s’adapter et de participer au changement social de leur temps. Ce travail monographique porte en outre un regard ethnologique de plus grande échelle sur la société et l’histoire du bassin de la Xiang et de la province du Hunan : des cultes confucéens et patrilignagers rendus aux ancêtres agnatiques, du Pic du Sud (Nanyue) et des anciennes traditions rituelles, martiales et médicales taoïstes (Chunyang etQuanzhen), à leur recomposition actuelle dans le « socialisme de marché à la chinoise », après avoir traverséles premiers mouvements paysans communistes asiatiques (1927) orchestrés par Mao Zedong dans sa région natale, et la Révolution culturelle (1966-76).L’étude des mutations contemporaines du patrilignage des Chen du village de Litang, autour duquel se nouent les enjeux de pouvoir et la hiérarchisation des rôles des hommes et des femmes, ainsi que le système économique et écologique local, nous conduisentà repenser les bases mêmes sur lesquelles se construisent aujourd’hui les groupes de parenté chinois. L’analyse des mutations et des métissages entre parenté et rituel, qui se sont opérés dans le cadre du sanctuaire local des Transformations croissantes (ZenghuaGuan), institution en charge de l’organisation de la vie rituelle villageoise, montre quant à elle que la communauté de culte reste l’une des structures les plus fluides et durables de la société chinoise.

  • Titre traduit

    The village community of Litang, and its genealogical and ritual transmissions in the building of Modern China (from the 19th century to nowadays)


  • Résumé

    How does a local Chinese community, structured on the basis of both patrilineal and Daoist transmissions, participate in the building of “modernity”? This dissertation describes the way in which these two fundamental communal social structures are articulatedwith respect to each other, and the way in which they transform themselves in order to adapt to, and participate in, the social changes of their time. This monographic work also proposes, on a larger scale, an anthropological analysis of the society and history of the Xiang basin and Hunan province: from Confucian and patrilineal cults to agnatic kinship, as well as from ancient ritual, martial and medical Daoist traditions (Chunyang and Quanzhen), to their actual rearrangements in the “Chinese market socialism”, after having undergonethe first Communist peasant movements (1927) lead by Mao Zedong in his native region, and the Cultural Revolution (1966-76). The study of the contemporary mutations of the Chen lineage of Litang - an institution at the center of local power struggles, the hierarchization of sexual roles, and the village economy and ecology – leads us to reassert the very basison which Chinese parenthood groups elaborate themselves today. The analysisof the changes and the intermixturebetween parenthood and rituals, whichtake place in the local sanctuary of Increasing Transformations (Zenghua Guan) – an institution in charge of the local ritual life – shows that cult communitiesare one of the more fluid and sustainable structures of Chinese society.

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