Une critique en acte des institutions : émergences et résidus de l’analyse institutionnelle dans les années 1960

par Valentin Schaepelynck

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Rémi Hess.


  • Résumé

    L’ « analyse institutionnelle » a émergé dans les années 1960 comme formule pratique et théorique, au croisement de tentatives de transformer l’asile et l’école, et du développement d’un marxisme hétérodoxe. Félix Guattari et Georges Lapassade en revendiquent tous deux l’invention. Psychanalyste à la clinique psychiatrique de La Borde, mais aussi activiste politique, F. Guattari appelle analyse institutionnelle la manière dont un collectif se réapproprie et transforme les institutions qui le traversent : analyser les institutions, c’est introduire en elles de nouvelles formes de vie en libérant, face aux normes établies, les potentialités critiques du désir inconscient. Dans la version qu’en propose G. Lapassade, l’analyse institutionnelle se réfère comme F. Guattari aux expérimentations de la psychothérapie et de la pédagogie institutionnelle, mais se développe également à partir d’une réflexion critique sur la psychosociologie d’intervention et ses usages. Il approfondit l’hypothèse selon laquelle la vie des groupes sociaux est continuellement traversée par des enjeux institutionnels, au sens d’une certaine division du travail et d’une certaine distribution du pouvoir, qu’il faut pouvoir révéler par une critique en acte. On essaie de suivre, à partir de leurs contextes pluriels d’idées et de pratiques, l’émergence de ces deux versions de l’analyse institutionnelle, en cernant là où elles se croisent et se séparent, afin de comprendre comment chacune problématise les institutions comme des réalités non monolithiques, où se confrontent groupes sujets et groupes objets, dynamiques instituantes et ordre institué, espaces de contrainte et expérimentation des possibles


  • Résumé

    “Institutional analysis” emerged in the 1960s as a practical and theoretical formula at the intersection of attempts to transform the asylum and the school, and the development of a heterodox Marxism. Felix Guattari and Georges Lapassade both claim its invention. As a psychoanalyst at the psychiatric clinic of La Borde but also a political activist, F. Guattari understood institutional analysis as the means in which a collective appropriates and transforms institutions: the analysis of institutions is to introduce in them new forms of life by its liberation in the face of established norms and the critical potential of unconscious desire. In the version that G. Lapassade offered up, institutional analysis refers, like in F. Guattari, the experimentation of psychotherapy and institutional pedagogy, but also develops from a critical reflection on the psychosociology of intervention and its uses. It deepens the assumption that the life of social groups is continually influenced by institutional issues in the sense of a certain division of labor and a certain distribution of power that it should be capable of elucidating as an active critique. We try to trace out, from their plural contexts of ideas and practice, the emergence of these two versions of institutional analysis, identifying where they meet and separate, and to understand how each one problematizes institutions as non-monolithic realities and confront the subjective and objective aspects of groups, the dynamics of institution and the instituted order, spaces of constraint and the experimentation of possibilities.

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Informations

  • Détails : 1 vol. ([VII]-468 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 447-468

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