John Stuart Mill et William Stanley Jevons sur la question des femmes : d’une continuité supposée à l’éclairage d’une rupture

par Virginie Gouverneur

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Nathalie Sigot.


  • Résumé

    John Stuart Mill et William Stanley Jevons sont des représentants clés du passage vers le marginalisme en économie. Dans le même temps, ils se réclament tous deux de l’utilitarisme, doctrine philosophique reconnue pour ses liens avec le féminisme. Leurs revendications en ce qui concerne les femmes sont pourtant tout à fait divergentes : si Mill prône des réformes égalitaires et s’oppose aux Factory Acts limitant le travail des femmes, Jevons adhère à l’ensemble des lois restrictives adoptées au XIXe siècle et prône en outre la prohibition du travail des mères de jeunes enfants dans les usines. Cet apparent paradoxe est résolu lorsqu’on considère l’opposition de Mill et Jevons comme l’emblème d’une rupture plus générale entre utilitaristes classiques et premiers marginalistes sur la question des femmes. Mill se situe, au sujet des femmes, dans la lignée des premiers : comme eux, il considère que les intérêts des femmes doivent compter autant que ceux des hommes et en tire un certain nombre de conséquences. Il prolonge en particulier les avancées de Jeremy Bentham, père de l’utilitarisme classique, vers une considération plus grande des intérêts des femmes par les économistes. Jevons, lui, apparaît comme représentatif de ces auteurs du dernier tiers du XIXe siècle qui certes soulèvent la question des femmes mais dont la position semble marquer un recul par rapport à celles de leurs prédécesseurs. Ainsi en est-il de plusieurs économistes marginalistes, tels que Marshall, qui désignent le foyer comme le lieu idéal d’expression des femmes où elles accomplissent leur fonction première, la reproduction. L’analyse de l’opposition de Mill et Jevons offre alors des éléments de réponse à la question suivante : comment se fait-il que les premiers marginalistes, après les avancées de l’utilitarisme classique vers une meilleure prise en compte, en économie, des femmes et des problèmes les affectant, aient renvoyé ces dernière dans ce qu’ils considèrent comme leur véritable place, le foyer ?

  • Titre traduit

    John Stuart Mill and William Stanley Jevons on the Woman Question : from a supposed continuity to the lightening of a break-up


  • Résumé

    John Stuart Mill and William Stanley Jevons are key representatives of transition to Marginalism in Economy. At the same time, they both claim to be a part of Utilitarianism, a philosophical theory known for its connections with feminism. Though, their demands about women are quite divergent: if Mill recommends egalitarian reforms and disagrees with Factory Acts restricting women’s employment, Jevons adheres to the whole of the restrictive laws passed in the 19th Century and advocates the prohibition of mothers of young children employment in factories. This apparent contradiction is solved if Mill and Jevons opposition is considered as a symbol of a more general break up between Classical Utilitarians and Early Marginalists on the question of women. Mill, on this subject, is in line with Classical Utilitarians: like them, he considers that women’s interests should be equal to men’s ones and he draws conclusions from that. He extends Jeremy Bentham’s – regarded as the father of Classical Utilitarianism – breakthroughs to a greater consideration of women’s interests by economists. As for Jevons, he appears to be representative of these authors from the latter third of 19th Century who admittedly raised the question of women but whose position seems to make a step backwards compared to their predecessors’. In this way, several Marginalists, like Marshall, define home as the ideal place of women’s expression, the place where they accomplish their primary function, reproduction. Analysis of Mill and Jevons opposition then gives elements of answer to the following question: How is it that Early Marginalists, after the Classical Utilitarians’ breakthroughs to a better consideration of women and their issues in economy, have sent them back to the place these men consider women belong – home?

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Informations

  • Détails : 1 vol. (399 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 374-392

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3674
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