Pour une esthétique du crime : les « Newgate Novels », essai de définition d’un genre populaire

par Hubert Malfray

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Frédéric Regard et de Neil Davie.

Soutenue le 06-12-2013

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Civilisations, cultures, littératures et sociétés (Paris) , en partenariat avec Voix Anglophones (Littérature et Esthétique) (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Nathalie Vanfasse.

Le jury était composé de Frédéric Regard, Neil Davie, Sara Thornton.


  • Résumé

    Cette étude propose de s’intéresser à un genre littéraire mineur, le Newgate, regroupant des romans parus entre 1830 et 1847. L’objectif est de définir les modalités d’écriture qui sous-tendent les œuvres rassemblées sous cette étiquette non pas par consensus d’auteurs, mais par les critiques. À la croisée entre biographies et romance, les romans livrent des portraits de voleurs, meurtriers ou bandits de grand chemin. Dans la lignée du Newgate Calendar, ils connurent un vif succès auprès d’un public essentiellement populaire, mêlant faits divers, légendes du crime et fantasme d’une écriture poétique. L’objet de notre étude consiste à évaluer comment s’opère, au cœur des romans, la rencontre entre crime et esthétique, deux notions qui trouvent dans le Newgate une pierre d’achoppement. Entre dissidence, sensationnalisme et obscénité, les romans fascinent autant qu’ils rebutent. Œuvres du scandale, ils conduisent dans un premier temps à s’interroger sur les conventions de leur temps qu’ils remettent en cause, depuis les conventions sociales et morales jusqu’au code pénal, en passant par les codes esthétiques. Tiraillés entre allégeance au passé et nécessité d’affirmer leur différence, les romans sont l’œuvre du désir, concept autour duquel se nouent crime et esthétique : à l’image des œuvres, les héros en quête d’origine sont en perpétuelle négociation avec l’avant. Enfin, ces romans populaires oscillent entre mélodrame et empreinte carnavalesque pour s’attirer les faveurs d’un public de masse convié à l’expérience d’une pratique de la lecture proche de l’enfièvrement et de la dévoration.

  • Titre traduit

    The Aesthetics of Crime : the ‘Newgate Novels’, or the Definition of a Popular Genre


  • Résumé

    This study focuses on a minor literary genre, the Newgate Novel, published between 1830 and 1847. Its aim is to define the scriptural modalities that lie at the core of these works of art which do not constitute a school of writing, but were grouped together by the critics of the time. Between biography and romance, the novels depict thieves, murderers or highwaymen. Following the Newgate Calendar, they were extremely popular at the time of their publication, a success which can be linked to the way they mingle crime news, legendary criminal figures and a poetical stance. The purpose of this study consists in assessing how crime and aesthetics meet in these novels to form the core of the literary project. The novels are caught in-between dissidence, sensationalism and obscenity: they fascinate as much as they repulse their audience. These scandalous pieces of writing keep negotiating with the conventions of their time – should they be social or moral conventions, the criminal code or the aesthetic standards. Thus, they can be situated in a paradoxical place, oscillating between their allegiance to the past and their necessity to affirm their difference, their novelty: they are the objects of desire, a key-concept around which gravitate the notions of crime and aesthetics. The heroes of the stories are also objects of desire, constantly longing for their origins. The novels were a success because they managed to affirm their popular identity: hesitating between the melodramatic and the carnivalesque, they aimed at attracting the new mass-reading public who were invited to indulge in a feverish, devouring reading experience.


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