La mosaïque, le miroir et la bibliothèque. L’ironie romantique dans la prose littéraire des écrivains « mineurs » en Russie : les années 1820-1830

par Laetitia Decourt

Thèse de doctorat en Études slaves / Russe

Sous la direction de Laure Troubetzkoy.


  • Résumé

    Au cours des années 1820-1830, l’ironie romantique a contribué à élargir le champ de la prose et de la langue littéraires, en se modelant sur une situation de communication orale puis en adoptant le ton de la lettre intime. Les figures de l’ironie romantique telles que la métalepse, l’auteur-narrateur tout-puissant ont servi à la fois de laboratoire pour la formation d’une langue littéraire et de schémas narratifs adaptés aux exigences de l’époque, de tribune aux réflexions sur le destin et le contenu de la prose littéraire russe, et d’« incubateur » pour le nouveau lecteur, en créant des lecteurs-interlocuteurs fictifs. Le corpus comprend : Gajdamak (1826-1827) d’O.M. Somov ; Rukopis’ […] Xabarova (1828) de P.L. Jakovlev ; Ispytanije (1830), Večer na kavkazskix vodax v 1824 godu (1830) et Strašnoe gadanie (1831) d’A.A. Bestužev-Marlinskij ; Strannik (1831-1832) d‘A.F. Vel’tman ; Pestrye skazki (1833) de V.F. Odoevskij ; Fantastičeskie putešestvija barona Brambeusa (1833), Bol’šoj vyxod u Satany (1834) et Teorija obrazovannoj besedy (1835) d’O.I. Senkovskij. La haute conscience intertextuelle des œuvres, leur poétique du jeu métaleptique, leur ambition encyclopédique et métalittéraire ont exprimé les processus qui transformaient la littérature russe de l’intérieur (références à Karamzin, Žukovskij, Puškin, Gogol’) et de l’extérieur (la littérature européenne). L’ironie romantique a donc permis l’évolution consciente et accélérée de la littérature russe vers le roman en prose et le réalisme du second XIXe siècle. Elle apparaît comme un phénomène de mode, mais aussi comme une source d’inspiration pour les théories formaliste et bakhtinienne, et pour le postmodernisme russe.

  • Titre traduit

    The mosaic, the mirror and the library. Romantic irony in the literary prose of “minor” writers in Russia : 1820-1830s


  • Résumé

    Between 1820 and 1840, Romantic irony has contributed to widen the spectrum of Russian literary prose and language, fashioning itself after a situation of oral communication, then adopting the tone and structure of the intimate letter. Figures of Romantic irony such as the reader-conversationalist, the author as sole master, the metalepsis, served not only as a laboratory for the formation of a literary language and narrative plots adapted to contemporary demands, but also as a tribune for debates on the fate and content of Russian literary prose, and as an incubator for the new reader. Works such as Gajdamak (1826-1827) by O.M. Somov, Rukopis’ […] Xabarova (1828) by P.L. Jakovlev, Ispytanije (1830), Večer na kavkazskix vodax v 1824 godu (1830) and Strašnoje gadanije (1831) by A.A. Bestužev-Marlinskij , Strannik (1831-1832) by A.F. Vel’tman, Pestryje skazki (1833) by V.F. Odojevskij, Fantastičeskije putešestvija barona Brambeusa (1833), Bol’šoj vyxod u Satany (1834) and Teorija obrazovannoj besedy (1835) by O.I. Senkovskij, show a vivid self-consciousness, a widely shared concern for intertextuality and common poetics involving metaleptic games, encyclopaedic ambition. These reveal the transformation of Russian literary prose, working simultaneously from within (Karamzin, Žukovskij, Puškin, Gogol’) and from outside. Romantic irony in Russian literary prose therefore allowed a conscious and rapid evolution of Russian literature toward the novel in prose and the realism of the second XIXth century. Thus, Romantic irony appears not only as a fashion, but also as a distant source of inspiration for Formalist and Bakhtinian theories, and for postmodernist literature.


Le texte intégral de cette thèse n'est pas accessible en ligne.
Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne. Service commun de la documentation. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.