Religion et géographie à Beyrouth : la construction d'un paysage sacralisé à la croisée des intérêts politiques et religieux

par Christiane Sfeir

Thèse de doctorat en Géographie historique, politique et culturelle

Sous la direction de Michael F. Davie.

Le président du jury était Mousbah Rajab.

Le jury était composé de Michael F. Davie, Yamna Djellouli, Jean-Paul Bord, Pierre-Marie Blanc.


  • Résumé

    La recherche porte sur les rapports entretenus par le sacré, par le sentiment religieux, et son instrumentalisation pour en faire des outils de territorialisation à Beyrouth. Elle étudie l’émergence des espaces sacrés dans la ville où dix-huit communautés confessionnelles libanaises sont chacune marquée par des idéologies politiques différentes. Nous partons de l’hypothèse qu’un espace religieux ne peut être limité aux seuls édifices religieux. Son impact sur l’espace se traduit par une appropriation de l’espace public, soit momentané soit permanent, transformant l’espace profane, ouvert à tout le monde, en un espace sacré qui impose des règles de jeu spécifiques, avec des codes à déchiffrer. Le Liban comprend dix huit communautés confessionnelles réparties sur tout le territoire dont chaque partie est marquée par une idéologie qui diffère de l’autre. Beyrouth en particulier, est un espace marqué de symboles idéologiques qui oscillent entre politique et religion pour toucher au sacré. Le paysage urbain de Beyrouth change selon les appartenances politiques et religieuses. Quant aux moyens et outils utilisés pour ces différentes expressions, ils sont lisibles par tous les moyens médiatiques possibles mis à la disposition des pouvoirs politiques et religieux liés à des enjeux d'affirmation identitaire. Chaque partie du territoire est marquée par une idéologie politique qui reflète l'identité religieuse de ses habitants à travers des codes et des signes qui s'expriment selon deux composantes qui sont le lieu et le temps. Un calendrier religieux propre à chaque communauté rend la géographie encore plus complexe. Le paysage urbain de Beyrouth subit des mutations selon les appartenances politiques et religieuses qui, toutes deux, sont à leur tour liées par des enjeux historiques et démographiques. Ainsi, un paysage sacré émerge et évolue selon le jeu complexe de composantes géographiques, sociales, ethnologiques, politiques et économiques qui s’entremêlent, et vont aboutir à une problématique à plusieurs facettes. La production du sens se fait à des niveaux très divers : nous assistons à un échafaudage à plusieurs niveaux et, nous avons à créer des liens à chaque palier, à expliquer comment ils vont se raccorder. Les questions majeures qui se posent dans ce contexte touchent la dimension de la religion dans l’espace urbain de Beyrouth, en tenant compte de la place structurante que tiennent les idéologies et les croyances. Cette place oscille entre espace communautaire et confessionnel marqués par des espaces religieux et parfois sacrés.

  • Titre traduit

    Religion and Geography in Beirut : the construction of a sacred landscape at the crossroads of political and religious interests


  • Résumé

    This thesis aims to analyze the various strategies of religious and secular actors in their process of production of sacred spaces in Beirut, Lebanon. The eighteen Lebanese religious communities present in the country each mark Beirut’s urban landscape with religious symbols and signs that are also very often politically charged. Our assumption is that religious space cannot be limited to just religious buildings; in Beirut, it is expressed by taking over public spaces, transforming easily accessible secular loci into sacred space that imposes rules and specific codes of behaviour.In the city, religious events are expressed through spiritual, cultural, social and architectural venues. Beirut is a marked space with ideological symbols merging politics and religion with both leading to the sacred. The use of religion by the media working for political parties is a common practice for each and every community; thus, each quarter of the city is marked by a particular political ideology that reflects the religious identity of its inhabitants through specific codes and signs. They vary according to their position and time-frame. The religious affiliations of the majority of the inhabitants of a particular region impose religious codes that mark particular public spaces. This geography is rendered more complex by the particular religious calendars observed by each religion. Sacredness begins and ends on specific dates for each religion, producing specific spaces produced, recognized and used differently by the various segments of the city’s population. These would lead to confirm that the city is a cleaved space observable at all scales.


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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2013 par Éditions universitaires européennes à Sarrebruck

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Informations

  • Sous le titre : Religion et Géographie à Beyrouth : la construction d'un paysage sacralisé à la croisée des intérêts politiques et religieux
  • Détails : 1 vol. (543 p.)
  • ISBN : 978-3-8381-8635-1
  • Annexes : Bibliogr. p. 504-534. Index
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