Les pensées de Pascal dans la tradition apologétique

par Alexander Chistyakov

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Gérard Ferreyrolles.

Soutenue le 23-11-2013

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) .

Le jury était composé de Dominique Descotes, Boris Tarassov.


  • Résumé

    Cette thèse examine, dans leur rapport aux Pensées de Pascal, deux ensembles de l’apologétique chrétienne, chacun dans sa quasi-totalité : les auteurs grecs et latins jusqu’à 450 et les auteurs français de la fin du XVIe siècle jusqu’à Pascal (1662). L’hypothèse initiale était que la fragmentation des Pensées pouvait avoir des modèles littéraires dans l’époque où naquit la polémique des philosophes contre le christianisme. La recherche porte sur les formes littéraires des apologies en considération de leur parenté avec les Pensées en discontinuité, en disposition, et, à titre secondaire, en inventaire d’arguments principaux. Il s’avère que les Pensées héritent de la première apologétique leurs particularités formelles, ainsi que leur thématique. Pour les modèles d’apologies antiques fragmentaires, nous avons relevé les Stromates de Clément d’Alexandrie et les Sentences de Sixte. Nous n’avons pas trouvé de modèles des Pensées au XVIIe siècle, mais avons constaté que l’apologie de Pascal a beaucoup en commun sur le plan du contenu avec les écrits des apologistes du même siècle. Nous avons aussi conclu que ce qu’on entend par emprunts ou lectures de Pascal dans ses précurseurs immédiats, peut appartenir à la tradition apologétique maintenue par une multitude d’écrivains insuffisamment connus, parmi lesquels il est impossible de déterminer l’auteur d’une sentence donnée. Ainsi la discontinuité des Pensées, défaut aux yeux des contemporains et originalité qui détermine leur succès postérieur, est due au choix conscient de Pascal en faveur de l’apologétique des Pères de l’Église, choix qui s’inscrit dans le retour aux sources du catholicisme de la Contre-Réforme.

  • Titre traduit

    Pascal’s Pensées in the tradition of apologetics


  • Résumé

    Our dissertation looks at two corpuses of apologias, both analysed almost in their entirety, in relationship with Pascal’s Pensées : they are the Roman and Greek apologists up to 450 AD, and the French seventeenth century apologists (until 1662). We made an assumption that the Pensées’ fragmentary form might have had literary models in that period when Christianity began to defend itself against the philosophers’ attacks. Our research studies the apologists’ literary choices in comparison with Pascal’s in view of discontinuity, disposition and, secondarily, content of main arguments. It appears that the Pensées do inherit from the early apologists their literary form as well as their themes. Clement of Alexandria’s Stromata and the Sentences of Sextus have emerged as possible sources and specific models of fragmented apologies. No such models were to be found in seventeenth century France, but the substance of Pascal’s apology has a lot to do with the works of contemporaries. Is has also become clear that what is generally assumed as borrowed by Pascal from a few contemporaries, belongs in fact to the general apologetic tradition, as maintained by a vast number of insufficiently well-known authors, and cannot be traced back to one apologist in particular. The Pensées’ discontinuity, perceived at the time as a flaw and hailed since as unique, and a key to the book’s success, stems from Pascal’s deliberate decision to follow where the Church Fathers had led, in line with the Contre-Réforme’s return to early christian roots.


Le texte intégral de cette thèse n'est pas accessible en ligne.
Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne. Service commun de la documentation. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.