Les aventuriers du XVIIIe siècle au prisme de l’Histoire de ma vie, de Giacomo Casanova. Contribution à une histoire de l’aventure

par Guillaume Simiand

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Jacques Berchtold.

Soutenue le 21-10-2013

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec CELLF 17e-18e (laboratoire) .

Le jury était composé de Michel Delon, Gérard Lahouati, Jean-Paul Sermain.


  • Résumé

    L’Histoire de ma vie constitue une plate-forme privilégiée pour examiner la figure de l’aventurier du XVIIIe siècle : non seulement Casanova est la meilleure approximation de cet idéal-type, mais il décrit longuement ses rapports avec ses pairs et le milieu qu’ils forment. L’art de la représentation, au cœur du mode d’existence de l’aventurier, se trouve comme porté au second degré par l’entreprise mémorialiste.Pour mesurer l’originalité de l’aventurier du XVIIIe siècle vis-à-vis de figures comparables antérieures, un détour généalogique s’impose. Le mot et l’idée d’aventure apparaissent dans la littérature médiévale tardive, avec trois axes sémantiques principaux (l’aventure marchande, l’aventure chevaleresque, un peu plus tard l’aventure amoureuse). Bientôt, l’aventurier paraît : défini par son affinité pour le risque ou son opportunisme, il prend, selon les époques, divers visages, du chevalier errant au chevalier d’industrie. Chaque fois qu’émerge un espace vide de pouvoir, une nouvelle figure d’aventurier surgit dans les représentations pour le remplir. Les aventuriers du XVIIIe siècle sont de ce point de vue engendrés par les fissures des sociétés d’ordre ; ils tirent parti des innovations de leur siècle (déplacements facilités ; finance, qui emploie les mêmes mathématiques probabilistes que le jeu). Les aventuriers incarnent un type de rapport au risque ambigu, entre quantification et tentation de mettre son destin à l’épreuve, en une ordalie moderne qui fonderait leur autorité spécifique. L’autonomie qu’ils incarnent et mettent en scène trouve un paroxysme chez Casanova avec la formulation d’une pensée de l’existence au caractère asystémique revendiqué.

  • Titre traduit

    Eighteenth-century adventurers in Casanova’s Histoire de ma vie : a contribution towards an history of adventure


  • Résumé

    Histoire de ma vie provides a unique insight into an emerging literary type of eighteenth-century French speaking literature, the aventurier. Not only is Casanova the best approximation for this ideal-type, but he describes at length in his memoirs his interactions with his peers and their specific milieu. The art of self representation that lays at the core of the adventurer’s daily routine is transposed into a new dimension by the autobiographical endeavor.To fully capture the originality of the eighteenth-century adventurer, as compared to preexisting comparable literary types, it may be necessary to take a genealogical step back. The idea and the word aventure appear in French in late medieval romance ; it then develops along three semantic axes (the merchant, knightly, and, somewhat later, erotic adventure). Soon the aventurier appears : defined by his acquaintance with risk or his opportunism, he assumes various forms throughout the eras, from the knight errant to the rake. From this date every time a space, geographic or social, appears void of power, a new adventurous character emerges to fill it in narratives. The eighteenth-century adventurers are the byproduct of the tears in the hierarchical European societies ; they take advantage of various innovations (easier travel, finance – which uses the probabilistic mathematical breakthroughs they also use in gambling). These adventurers manifest a new, ambiguous view of risk, between a fresh desire of quantifying it and the age-old temptation of putting one’s destiny to the test. They embody a new autonomy, that finds a spectacular expression in Casanova’s explicitly asystemic philosophy of existence.


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