W.H. Auden : pertes et repères dans la cité

par Aurélien Saby

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Pascal Aquien.

Le jury était composé de Hélène Aji, Carle Bonafous-Murat, Jean-Marie Fournier.


  • Résumé

    La poésie d’Auden (1907-1973) propose des formes inédites invitant le lecteur à repenser l’écriture de la cité. Fasciné par les villes, le poète n’a cessé de sonder divers modèles (Cité juste, Utopie, Cité de Dieu, etc.) pour renouveler sa création sans perdre l’espoir de voir advenir un « lieu bon » (« the Good Place »). Très tôt dans son œuvre, il rapproche la « civitas » de l’œuvre d’art permettant d’élever l’homme au-dessus de la nature. Cependant, ses textes mettent souvent en scène les tribulations de personnages perdus dans un contexte urbain (Bruxelles, Berlin, New York). Par ailleurs, le poète vit s’ébranler tous les repères de la cité avec la Grande Guerre avant d’assister à la montée du nazisme, et ses textes des années 1940 comptent parmi les premiers qui disent – ou tentent de dire – la réalité des camps de concentration dans un monde qui ne fait plus sens. Dans le sillage de The Waste Land d’Eliot, son œuvre soulève question même de la possibilité d’écrire la cité alors que son unité a éclaté en laissant régner les lois du mal. Ainsi, Auden s’inscrit en faux contre tous les grands chantres qui glorifient la ville moderne. Dans la veine de Baudelaire, il dit le monde désenchanté qui l’entoure, mais pour cela, il est prêt à user de tous les artifices de la langue. En temps de crise, seul le langage peut servir de refuge assurant la possibilité d’une « civitas ». Les autres tentatives de fuite vers un ailleurs joyeux (fêtes publiques ou privées) conduiront tout droit à une impasse. Ni philosophe, ni homme politique, Auden était poète, et c’est en tant que poète, c’est-à-dire en tant que créateur de formes, qu’il propose des « mondes secondaires » témoignant d’une vérité qui parfois s’approche de la Vérité retrouvée dans le silence de la Cité idéale, où plus rien ne divise la communauté des hommes, pas même les mots.

  • Titre traduit

    W.H. Auden : loss and bearings in the city


  • Résumé

    Auden’s poetry offers unprecedented forms inviting readers to reconsider the poetics of the city. The poet – who was fascinated by cityscapes – kept exploring models (the Just City, Utopia, the City of God, etc.) in order to renew his creation, while aiming at reaching what he called “the Good Place”. Very early in his career, he regarded the “civitas” as analogous to an artwork testifying to man’s superiority over nature. However, his poems often stage the labyrinthine wanderings of characters that have lost themselves somewhere in a city (Brussels, Berlin, New York). Moreover, during the First World War Auden saw all the bearings and landmarks of the City shattered; and in the early 1930s he witnessed the rise of Nazism. Actually, his long poems published in the 1940s count among the first literary works dealing with – or trying to do so – the reality of concentration camps in a world that doesn’t make any sense anymore. In the wake of Eliot’s Waste Land, his work questions the possibility of writing about the City whose unity has been broken while the laws of evil rule over the world.Thus, Auden makes a stand against the bards who glorify the modern city. Following Baudelaire, he describes the disenchanted world in which he lives; but to do so, he is ready to resort to all the artifices of language. Indeed, in times of crisis, only language may serve as a refuge allowing citizens to rebuild a “civitas”. Any other attempt at escaping towards some happy place (on the occasion of public or private parties) will inevitably come to a dead end. Auden was neither a philosopher nor a politician: he was a poet, i.e. a maker designing “secondary worlds” bearing witness to a truth that sometimes reaches the Truth, regained in the silence of the ideal City where nothing divides men, not even words.


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