L'idée de Nation

par Hervé Beaudin

Thèse de doctorat en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Claude Polin.

Soutenue le 14-01-2013

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Concepts et langages (Paris) .

Le président du jury était Jean-Louis Chédin.

Le jury était composé de Franck Bouscau, Joël Hautebert.


  • Résumé

    L’idée de nation est l’un des sujets les plus sensibles de l’histoire de la philosophie politique. Après avoir distingué, parmi les doctrines politiques et sociales, les doctrines concentriques des doctrines transversales, et ayant classé l’idée de nation parmi les premières, nous étudions les rapports qu’elle entretient avec les secondes. Puis, abordant la place de l’idée de nation dans le champ des seules doctrines concentriques, nous observons que deux écoles traditionnelles se sont opposées en Europe depuis le XVIIIème siècle, l’école « allemande » (ou objective) et l’école « française » (ou subjective). La première s’organise autour des notions de peuple (Herder et Hegel), de territoire ancestral (Barrès et Maurras) et de langue (Fichte). La deuxième participe de la théorie du contrat (Rousseau et Renan), que sont venues compléter les théories de l’ethnicité (Barth et Connor) et les thèses de l’école constructiviste (Gellner, Hobsbawm, Anderson, Smith). Derrière cette opposition structurante, qui recouvre en réalité l’opposition entre déterminisme et électivité, se cache une affinité plus profonde qu’il ne paraît au premier abord, d'une part, parce que plusieurs éléments de la conception objective sont présupposés dans la conception subjective, et, d'autre part, parce qu’elles ont en commun de s’opposer frontalement au couple Fédéralisme/Multiculturalisme. Il nous appartient dès lors, après avoir pris soin d’en analyser les limites intrinsèques et les maladies historiques, d’en discuter les conditions de survie dans un monde qui prétend, en poursuivant les vues cosmopolites d’un Kant, faire vivre la démocratie en transcendant des frontières forgées par mille cinq cents ans d’histoire européenne.

  • Titre traduit

    The Idea of Nation


  • Résumé

    The idea of nation is one of the most sensitive subjects of the history of the political philosophy. Having distinguished, among the political and social doctrines, the concentric doctrines from the transverse doctrines, and having classified the idea of nation among the first ones, we study the relationships which it maintains with seconds. Then, approaching the place of the idea of nation on the field of the only concentric doctrines, we observe that two traditional schools opposed in Europe for the 18th century, the “German” (or objective) school and the “French” (or subjective) school. The first one gets organized around the notions of people (Herder and Hegel), around ancestral territory (Barrès and Maurras) and of language (Fichte). The second participates of the theory of the contract (Rousseau and Renan), that came to complete the theories of the ethnicity (Barth and Connor) and the theses of the constructivist school (Gellner, Hobsbawm, Anderson, Smith). Behind this structuring opposition, which recovers in reality the opposition between determinism and electivity, is hiding a deeper affinity than it appears at first sight, on one hand, because several elements of the objective conception are presupposed in the subjective conception, and, on the other hand, because they have in common to oppose frontally to the couple Federalism/Multiculturalism. We have to then, having taken care of analyzing the intrinsic limits and the historic diseases, to discuss the conditions of its survival in a world which claims, by pursuing the cosmopolitan views of Kant, to make live the democracy by transcending borders forged by one thousand five hundred years of European history.


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