La performance autobiographique et les masques du masculin dans la légende de Duluoz de Jack Kerouac (1947-1965)

par Pierre-Antoine Pellerin

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Marie-Christine Lemardeley.

Le président du jury était Mathieu Duplay.

Le jury était composé de Marie-Christine Lemardeley, Mathieu Duplay, Christine Savinel, Alain Suberchicot.


  • Résumé

    Les romans à la première personne qui composent la Légende de Duluoz, le cycle autobiographique de Jack Kerouac (1922-1969), sont souvent étudiés à l’aune de la vie privée de l’auteur ou de la mythologie qui entoure les écrivains de la Beat Generation. À la lumière de l’approche performative du genre autobiographique et du genre masculin ainsi que des recherches historiographiques récentes sur la masculinité et la sexualité masculine durant la période de la Guerre froide, cette thèse se propose de déconstruire l’éthos de spontanéité confessionnelle et de virilité héroïque qui entoure l’écriture de Kerouac. Le récit de soi n’est pas chez lui un reflet fidèle du « je » ou un compte-rendu factuel de la vie de son auteur, mais une mise en scène publique de l’identité auctoriale masculine, un théâtre de l’identité en mots et en actes. Ce jeu de masques participe d’une stratégie narrative qui vise à construire une vision idéale de soi en tant qu’homme et en tant qu’écrivain et doit être lu dans le cadre de son projet de revitalisation d’une littérature et d’un homme menacés de déclin à ses yeux. En même temps, les travestissements de sa persona d’auteur témoignent de l’emprise du soupçon d’homosexualité sur la production littéraire des années 1950 et donnent à voir le malaise qui mine cette mascarade du masculin qui menace toujours d’exposer les larmes, les silences et les contradictions qu’elle cherche pourtant à masquer à tout prix.

  • Titre traduit

    Performing autobiography and the masks of masculinity in Jack Kerouac's Duluoz Legend (1947-1965)


  • Résumé

    The first-person novels which make up the Duluoz Legend, the autobiographical cycle written by Jack Kerouac (1922-1969), are often analyzed in the light of what is known of their author’s private life or of the mythology that surrounds Beat Generation writers. Informed by performative approaches to the genre of autobiography and to the masculine gender as well as by recent historiographical research on masculinity and masculine sexuality during the Cold War period, this thesis seeks to deconstruct the ethos of confessional spontaneity and of heroic manliness that surrounds Kerouac’s writings. His narrative of the self are not faithful reflections of the “I” or factual accounts of the author’s own life, but a public staging of male authorial identity, a theatre of identity in words and actions. This playful masquerade sustains a narrative strategy that aims at constructing an ideal vision of oneself as a man and as a writer and shall be read in the perspective of his wish to revitalize American literature and masculinity which he feared to be in decline. Yet, these acts of cross-dressing of the authorial persona also testify to the powerful sway of anti-homosexual paranoia over the 1950s literary output and show the trouble that undermines this performance of masculinity which constantly threatens to reveal the tears, the silences and the contradictions that it tries so hard to mask.

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