Le Jeu dans l'oeuvre de Henry de Montherlant

par Marie Sorel

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Alain Schaffner.

Le président du jury était Jeanyves Guérin.

Le jury était composé de Alain Schaffner, Jeanyves Guérin, Régis Tettamanzi, Claude Coste.


  • Résumé

    Le jeu a joué bien des tours à Montherlant, si l’on en croit les jugements proférés à l’encontre d’un auteur accusé de cacher son jeu et de duper son lectorat. Le personnage Montherlant continue à éclipser une œuvre multiforme, s’étalant sur une cinquantaine d’années. Mais la part du jeu dans l’élaboration de l’image de l’écrivain ne peut être envisagée indépendamment de la vision des pratiques ludiques qui émane de ses écrits. L’étude du jeu dans l’ensemble de l’œuvre, y compris dans le paratexte envahissant qui l’accompagne, offre un angle d’approche privilégié pour dépassionner notre rapport à l’auteur et interroger l’inactualité supposée de son œuvre. Ce travail de contextualisation, qui invite à faire dialoguer les écrits de ce polygraphe avec ceux d’autres auteurs, mobilise des outils historiques et sociologiques, à même d’éclairer la conception du jeu de l’écrivain. Notion malléable que l’auteur interprète à l’aune de ses expériences sportives et tauromachiques, le jeu se présente comme un espace initiatique. Revendiquant son appartenance au milieu nobiliaire, Montherlant s’érige en arbitre du goût. S’ils se conforment pour une part à une logique aristocratique, les choix de cet homme de loisir déjouent parfois les attentes du lecteur. Le ludisme existentiel qu’affiche l’auteur informe non seulement ses pratiques d’écriture mais aussi sa conception du rôle de l’écrivain, laquelle révèle toute sa fragilité durant la période de l’Occupation. Rendre compte de l’impact du jeu sur la réception de l’œuvre conduit ainsi à faire apparaître les failles des stratégies adoptées par l’auteur, failles dans lesquelles s’engouffrent parfois la critique et les lecteurs.

  • Titre traduit

    The game in Henry de Montherlant's works


  • Résumé

    Many a time has play fooled Montherlant if we are to believe comments accusing the author of hiding his hand and deceiving his readers. Montherlant’s character continues to overshadow his protean works which span approximately fifty years. However, the playful construction of the writer’s image cannot be separated from the aspect of play stemming from his texts. Studying the element of play in his works as a whole, including the overwhelming paratext which accompanies them, offers a privileged point of view and allows us to take the heat out of our relationship to the author and question the assumed obsolescence of his works. This effort of contextualisation, which invites us to put the texts of this versatile writer in relation to those of other authors, draws on historical and sociological tools allowing us to shed light on the writer’s conception of play. Play, a malleable term which the author construes in the light of his own athletic and bullfighting experiences, presents itself as an initiatory space. Montherlant asserts his aristocratic background and sets himself up as an arbiter of taste. If his choices are partly induced by an aristocratic logic, they sometimes deceive the reader’s expectations. The existential playfulness asserted by the author not only influences his way of writing but his conception of the writer’s role as well, a role whose weakness has been revealed to the full during the Occupation. Studying the impact of play on the reception of his works hereby leads us to unveil the flaws of the strategies adopted by the author, flaws in which critics and readers are sometimes swallowed up.

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