L'expression multimodale du positionnement interactionnel (multimodal stance-taking) : étude d'un corpus oral vidéo de discussions sur l'environnement en anglais britannique

par Camille Debras

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Aliyah Morgenstern.

Le président du jury était Martine Sekali.

Le jury était composé de Aliyah Morgenstern, Martine Sekali, Alan Cianki, Luca Greco, Amina Mettouchi, Irène Mittelberg.


  • Résumé

    Cette recherche propose une analyse multimodale du positionnement interactionnel ou stance-taking. Le corpus de travail, filmé, transcrit et annoté par nos soins dans trois logiciels compatibles (CLAN, PRAAT, ELAN), est une collection de discussions semi-guidées sur le thème de l’environnement (2h 20 min). Les 16 locuteurs sont des étudiants locuteurs natifs d’anglais britannique qui discutent par deux et entre amis. Dans cette recherche, nous adoptons une définition large du « langage », en y incluant l’ensemble des ressources sémiotiques verbales et non-verbales mobilisées pour la co-construction dynamique et intersubjective du sens au cours de l’interaction orale. Nous montrons que les locuteurs intègrent une grande variété de ressources verbales (segments, énoncés), mais aussi vocales (intonation) et mimo-posturo-gestuelles (gestes, expressions du visage), en les synchronisant de manière tant simultanée que séquentielle, pour prendre position vis-à-vis de leur interlocuteur. Au plan théorique, notre approche multi-niveaux et multimodale tisse des liens entre théories françaises de l’énonciation (Benveniste, 1966, Morel et Danon-Boileau, 1998), théorie discursive-fonctionnelle du stance-taking (Kärkkäinen, 2006, Du Bois, 2007), analyse conversationnelle multimodale (C. Goodwin et M.H. Goodwin, 1992, Mondada, 2007), anthropologie linguistique (Ochs, 1996), et étude de la gestualité (Kendon, 2004, Müller, 2004, Streeck, 2009) ; au plan méthodologique, nous combinons analyse qualitative et codage systématique. Notre thèse pose d’abord les bases théoriques et méthodologiques d’une étude multimodale des stances (Partie 1), puis propose la possibilité d’un marquage visuel du positionnement intersubjectif (Partie 2), avant de montrer comment les locuteurs intègrent mots et syntaxe, voix, visage et corps pour prendre position en interaction (Partie 3).

  • Titre traduit

    Multimodal Stance-taking in a videotaped corpus of discussions about environmental issues in British English


  • Résumé

    In this research, we propose a multimodal analysis of stance-taking based a collection of semi-guided discussions between pairs of friends who discuss environmental issues (2h 20 min). All 16 speakers are university students who are native speakers of British English. We filmed, transcribed and annotated this video corpus in three compatible software tools, CLAN, PRAAT and ELAN. In this research, we defend a broad understanding of “language”, defined as encompassing all verbal and non-verbal semiotic resources involved in the dynamic and intersubjective co-construction of meaning during spoken interaction. We show that speakers integrate a wide range of verbal resources (segments, utterances) as well as vocal (intonation) and visual ones (gestures, postures and facial expressions), and synchronize these resources simultaneously and sequentially so as to take stances with respect to their interlocutors. On a theoretical level, our multi-level, multimodal approach brings together French utterer-centred approaches to language (Benveniste, 1966, Morel and Danon-Boileau, 1998), discursive-functional theories of stance-taking (Kärkkäinen, 2006, Du Bois, 2007), multimodal conversation analysis (C. Goodwin and M.H. Goodwin, 1992, Mondada, 2007), linguistic anthropology (Ochs, 1996) and gesture studies (Kendon, 2004, Müller, 2004, Streeck, 2009); our methodology combines qualitative analysis with systematic coding. This thesis starts with laying the theoretical and methodological bases for a multimodal study of stance-taking (Part 1); it then proposes that some gestures and facial expressions can be used as intersubjective visual stance markers (Part 2), before showing how speakers integrate words and syntax, voice, facial expressions, gestures and physical posture to take stance in interaction (Part 3).

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