Référence à soi et à l'interlocuteur chez des enfants francophones et anglophones et leurs parents

par Stéphanie Caet

Thèse de doctorat en Etudes anglophones

Sous la direction de Aliyah Morgenstern.


  • Résumé

    Jusqu’à l’âge de 4 ans, les enfants francophones et anglophones se désignent et désignent leur interlocuteur à l’aide de formes différentes standard et non standard de référence à soi et à l’autre. Par le passé, des paramètres d’ordres sémantique, morphosyntaxique et pragmatique ont été étudiés, afin d’identifier les facteurs en jeu dans la production de ces différentes formes. Dans cette étude, nous analysons le rôle du langage adressé à l’enfant, par les parents. Des études précédentes ont en effet suggéré que les usages à la fois standard et non standard de référence à soi et à l’enfant-interlocuteur pouvaient jouer un rôle dans le processus d’acquisition des pronoms personnels (cf. Rabain-Jamin et Sabeau-Jouannet, 1989; Budwig, 1996; Kirjavainen et al., 2009; Morgenstern, 2011). Aucune étude systématique des énoncés des parents adressés à l’enfant n’a cependant été réalisée à ce jour. Pour apporter des éléments de réponse à cette question, nous analysons les données issues de 4 corpus de la base de données CHILDES. Ces corpus sont constitués d’enregistrements vidéo mensuels d’interactions libres dans 2 dyades francophones et 2 dyades anglophones. Partant des formes non standard de référence à soi et à l’interlocuteur produites par les enfants, nous questionnons d’une part l’influence de la fréquence de formes et de constructions similaires dans l’input, sur les productions des enfants. Observant d’autre part que les enfants emploient des formes différentes dans des contextes différents, nous nous demandons si ces associations forme-fonction sont présentes dans l’input ou si elles sont créées par l’enfant. Notre méthode d’analyse se situe donc au croisement des approches constructivistes et fonctionnalistes du processus d’acquisition du langage. Nos observations suggèrent que les productions des enfants reflètent à la fois les spécificités de l’input et leurs propres analyses du langage qui leur est adressé. Progressivement, l’input des enfants se fait plus important et plus diversifié et les enfants acquièrent de nouveaux outils pour exprimer leurs intentions communicatives. Ils sont alors en mesure de se désigner comme locuteur et de désigner leur interlocuteur en tant que tel, quelle que soit la situation.

  • Titre traduit

    Reference to self and addressee in the speech of French- and English-speaking children and their parents


  • Résumé

    Before the age of 4, English- and French-speaking children use standard and non standard forms to refer to themselves and their addressee. In the past, several semantic, morphosyntactic and pragmatic parameters have been investigated as potential factors responsible for these various forms. In the present study, we examine the role of parental speech on children’s productions. Previous research has in fact suggested that parents’ standard as well as non standard ways of referring to themselves and their child when addressing her, may play a role in the process of pronoun acquisition (cf. Rabain-Jamin and Sabeau-Jouannet, 1989; Budwig, 1996; Kirjavainen et al., 2009; Morgenstern, 2011). However, no systematic study of the speech parents address to their child has been conducted. To tackle this issue, we perform analyses on 4 corpora from the CHILDES database, composed of monthly video-recorded interactions in 2 French-speaking and 2 English-speaking dyads. Taking the children’s non standard ways of referring to themselves and their interlocutor as our starting point, we first question the influence of the frequency of similar forms and constructions observed in the input, on the children’s productions. Observing that the children use different forms in different contexts, we then ask whether these form-function associations can also be found in the input or whether children create them. Our method therefore combines constructivist approaches and functionalist approaches to the process of language acquisition. Our observations suggest that children’s productions reflect both the specificities of the surrounding input and their own linguistic and cognitive analyses. As they observe and use more and more language, acquire additional linguistic means of expressing their communicative intentions, and as the input and feedback they receive becomes diversified, children gradually come to refer to themselves as speakers and to their addressees as interlocutors.

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