Narcisse philosophe : une figure de la fiction française du premier dix-huitième siècle

par Audrey Mirlo

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Jean-Paul Sermain.

Soutenue le 07-11-2013

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Formes et idées de la Renaissance aux Lumières (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Florence Lotterie.

Le jury était composé de Jean-Paul Sermain, Florence Lotterie, Michel Delon, Colas Duflo, Claude Habib.


  • Résumé

    Au début du XVIIIe siècle, les récits à la première personne abondent dans les lettres françaises. Parmi les narrateurs soucieux de retranscrire le cheminement de leur vie se signalent plus spécifiquement des personnages de philosophe. De 1721 à 1731, les lecteurs découvrent par exemple Usbek, le spectateur français, l’indigent philosophe et Cleveland, quatre personnages de fiction romanesque qui sont autant d’épistolier, de journaliste ou de mémorialiste philosophes. Auteurs, ils exercent leurs pensées sur le fond de leurs expériences intimes. Notre travail tend à examiner de quelle façon, à l’époque de Marivaux, Montesquieu et Prévost, la littérature de fiction à la première personne place le philosophe face à lui-même, nouveau Narcisse censé réfléchir le sens d’une existence. Intégré à la trame narrative, le philosophe (ou le moraliste) du premier XVIIIe siècle n’est plus cet observateur d’une objectivité détachée qui se retranche derrière des discours : il devient lui-même figure, c’est-à-dire forme observable livrée à l’appréciation des lecteurs. Ils ne manqueront d’ailleurs pas de relever les ambiguïtés de cette figure paradoxale qui ne parvient pas toujours à concilier les impératifs de la sensibilité et ceux de la raison. Précisément les œuvres du corpus interrogent les conditions du déploiement de la pensée dans l’esprit humain et dans le monde des choses concrètes. Les implications – littéraires et philosophiques, mais encore poétiques, esthétiques, morales ou cognitives – de la figuration du philosophe dans la fiction constituent ainsi l’objet de notre étude.

  • Titre traduit

    Narcissus philosopher : a figure of the French fiction in the early 18th century


  • Résumé

    In the early 18th century, first-person novels would abound in French literature. Philosophers would become a prominent figure among the various kinds of narrators that specify their personal way of life. From 1721 to 1731, readers discovered Usbek, the spectateur français, the indigent philosophe, and Cleveland, four fictional characters who are letter writers, journalists or memorialists. As authors, they were inspired by their personal life experience and wrote to share their thoughts. The purpose of this work is to analyse at the time of Marivaux, Montesquieu and Prévost how the first-person literature makes philosophers face up their own image. Therefore, the philosopher becomes a new Narcissus supposed to reflect the meaning of existence. While integrated into the narrative, the philosopher (or the moralist) is no longer an objective observer who could hide behind a speech: he is himself a figure facing the judgment of readers. Moreover, they point out the ambiguities of this paradoxical figure that does not always manage to deal with sensitivity and reason. The works of the corpus are questioning the conditions for the deployment of thought in the human mind and the world of concrete things. The implications of the representation of the philosopher in fiction are the object of this study, whether on the literary or philosophical fields, but also on the poetic, aesthetic, moral or cognitive fields.

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