La République romaine et ses alliances militaires : pratiques et représentations de la "societas" de l'époque du "foedus Cassianum" à la fin de la seconde guerre punique

par Anthony-Marc Sanz

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jean-Michel David.


  • Résumé

    L'expansion de la cité romaine en Italie puis en Méditerranée, du début du Ve à la fin du lue siècle avant J.-C., se traduit par la conclusion d'un nombre toujours croissant d'alliances militaires avec des communautés qui demeurent cependant formellement indépendantes. Ce type de relation, que les Latins qualifient avec le terme de "societas", est classiquement décrit comme un des instruments de l'affirmation de l'hégémonie de l'"Urbs" puisqu'il lui permet de mobiliser les forces de ses partenaires. Pourtant, dans les représentations que lui associent les parties, les principes de parité et de réciprocité occupent toujours une grande place. C'est ce que révèle l'analyse des conditions politiques et diplomatiques de leur négociation, des formes d'accord qui en sanctionnent la conclusion, en particulier le "foedus sociale", mais aussi des manifestations diplomatiques auxquelles elles donnent lieu. L'alliance implique en effet la reconnaissance de chacune des parties en tant que communauté maîtresse de ses forces militaires, et les engage à se porter mutuellement secours. L'histoire des relations que Rome noue d'abord avec les Latins au Ve siècle grâce au "foedus Cassianum", puis avec beaucoup d'autres peuples italiens et ultra-marins, montre que le devoir de défense est au fondement de la collaboration militaire. Aussi les Romains en font-ils rapidement un thème de propagande, en particulier grâce à l'affirmation d'une Italia dont ils se présentent comme les meilleurs protecteurs au IIIe siècle. Mais leurs partenaires, péninsulaires comme extra­ péninsulaires, manifestent toujours un vif attachement aux idéaux habituellement associés à l'alliance militaire. La seconde guerre punique révèle clairement ce conflit d'interprétation et met sérieusement en danger le système d'alliances des Romains. Seule la victoire qu'ils remportent difficilement sur Carthage leur donne les moyens de devenir définitivement maîtres de la définition de cette relation.

  • Titre traduit

    The Roman republic and its military alliances : the customs and representations of the "societas" from the "foedus Cassianum" to the end of the Second Punic War


  • Résumé

    The expansion of the Roman city in Italy and later in the Mediterranean, from the early 5th to the late 3rd century BC, results in a growing number of military alliances with various communities which nonetheless remain independent. This specific union - called "societas" by the Latin people - is traditionally referred to as one of the tools used by the Urbs to assert its supremacy, insofar as it allows the rallying of its partners' forces. However the representations on both sides keep parity and reciprocity as principles of paramount importance. Such is revealed by the observation of not only the political and diplomatic conditions of their negotiations, but also of the terms which seal the agreements - even more so regarding the "foedus sociale" - and of the diplomatic events they lead to. The alliance indeed specifies that each signatory shall be recognized as a community with its own military forces, and commits them to provide mutual assistance. The study of the relations which Rome established - first with the Latins in the 5th century through the "foedus Cassianum", and later with many Italian or peoples overseas - points at the duty of defence being the core of military cooperation. Hence the Romans using it as a figment of propaganda, such as the affirmation of them being the most trustworthy guardians of the 3rd century Italia. However both extra and peninsular partners still express a vivid concern regarding the ideals which are usually associated the military alliances. The Second Punic war clearly highlights this ideological bone of contention, and seriously jeopardizes the Roman system of alliances. It is only their hard-won victory over Carthage that allows them to rule over the terms of this relation.


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