Conséquences et gestion des risques sanitaires épidémique : application à la production animale bretonne

par Arnaud Rault

Thèse de doctorat en Sciences économiques et de gestion

Sous la direction de Alexandre Gohin.

Soutenue en 2013

à Rennes, Agrocampus Ouest .


  • Résumé

    Cette thèse quantifie les répercussions économiques liées à la survenue d’une épidémie d’élevage. Ces maladies constituent un risque de production aux implications multiples, occasionnant parfois un risque qui s’étend à toute la filière animale, voire à l’ensemble de l’économie du territoire touché, comme le montre par exemple la crise de la vache folle de la fin des années 1990. La littérature économique montre que ces crises constituent un évènement catastrophique de marché, qui entraîne un ajustement progressif dans la conduite des troupeaux. Nous proposons donc une modélisation des dynamiques de marché en élevage, permettant de capter les effets indirects et de long terme liés à la survenue d’une épizootie. L’analyse révèle que ce choc pèse sur l’endettement et peut mener à la faillite d’exploitations agricoles. L’accès au crédit joue un rôle déterminant pour la pérennité des activités d’élevage, qui in fine pénalise aussi les consommateurs. A l’échelle des territoires, la compréhension des répercussions d’une crise sanitaire passe par une modélisation en équilibre général calculable dynamique, intégrant à la fois les décisions intertemporelles des agents, dont les éleveurs, et des imperfections des marchés des facteurs de production. Le modèle est appliqué à la région Bretagne, dont les secteurs d’élevage occupent une place importante pour le tissu économique local. Les résultats de simulations montrent que le choc sanitaire pèse sur l’ensemble des filières animales, pour finalement toucher l’économie locale dans son ensemble. Dans ce contexte, le manque de flexibilité des marchés du capital et du travail accroît significativement le coût social de la maladie et freine le retour de l��activite�� économique. Enfin, nous montrons qu’un soutien public aux revenus des agriculteurs en période de crise tend à diminuer l’ampleur du choc et sa durée. La participation des agriculteurs à cette politique, via la mise en place de fonds mutuels, déplace le coût de gestion du risque vers ces acteurs, mais se révèle finalement plus coûteuse socialement.


  • Résumé

    This PhD is focused on the economic impacts due to a livestock disease outbreak. This kind of sanitary shock represents a productive risk with many implications, extending its effects to the whole livestock industry or even to the overall economy of the region or country, as observed for example during the mad cow disease crisis in the late 1990s. From the economic literature, it appears that these crises are catastrophic market events, and that they lead to a gradual adjustment in the herd. Thus we propose an economic modelling of market dynamics in livestock, in order to capture the indirect and long run effects related to the occurrence of a disease outbreak. The analysis reveals that the shock makes indebtedness grow and may lead to farm closure. The access to credit plays a crucial role for farm solvency, and this situation may also ultimately penalize consumers as well. At the country level, the comprehension of the impacts of a health crisis is possible thanks to a dynamic computable general equilibrium modelling, which integrates intertemporal decisions of farmers –including livestock farmers–, and market imperfections for production factors. The model is applied to Brittany, a French livestock-intensive region. Simulation results show that the health shock weighs on all livestock sectors, and finally affects the whole regional economy. In this context, the lack of flexibility in capital and labour markets increases the social cost of the disease, and delays the return of economic activity. Finally, we show that public support for farm income in a period of crisis tends to reduce the magnitude and the duration of the shock. Participation of farmers in this policy, through the implementation of mutual funds, moves the risk management costs to those agents, but ultimately proves more costly socially.

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Informations

  • Détails : 1 vol. 172 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. (163-168 p.)

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  • Bibliothèque : AGROCAMPUS OUEST. Bibliothèque Générale de Rennes.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : I 72
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