Invasibilité de réseaux de mares par l'écrevisse de Louisiane Procambarus clarkii : rôle du paysage, de l'habitat et des interactions biotiques

par Tréguier, Anne(19..-)

Thèse de doctorat en Sciences de l’environnement

Sous la direction de Roussel, Jean-Marc (19..-) et de Paillisson, Jean-Marc(19..-).


  • Résumé

    Ce travail de thèse porte sur le patron d’invasion de petites mares bocagères, organisées en réseaux, par l’une des espèces les plus invasives en Europe, l’écrevisse de Louisiane Procambarus clarkii, au sein du Parc naturel régional de Brière. En premier lieu, la présence de P. Clarkii dans les mares a été détectée à l’aide de deux méthodes d’échantillonnage, l'ADN environnemental (ADNe), méthode novatrice, et le piégeage, traditionnellement utilisé pour capturer des écrevisses en milieux lentiques. L’ADNe présente une efficacité de détection légèrement supérieure (73 contre 65 % pour le piégeage), mais ces deux méthodes conduisent à des résultats divergents. Puis, nous avons étudié la distribution spatiale de P. Clarkii dans trois réseaux de mares, chacun avoisinant un marais du parc, sources majeures en écrevisses. Le taux de colonisation par P. Clarkii est supérieur dans le réseau de mares avoisinants le marais le plus anciennement colonisé, suggérant un rôle majeur de la pression de propagules sur le succès d’invasion. La distance à la source explique en partie la distribution spatiale de P. Clarkii, mais les cours d’eau peuvent également faciliter les évènements de dispersion sur de longues distances à travers la matrice terrestre. Enfin, la majorité des mares présente des abondances en écrevisses encore modérées, ce qui laisse à penser qu’une résistance écologique pourrait réduire le succès d’invasion de P. Clarkii. En particulier, l’analyse des associations entre P. Clarkii et certains taxons prédateurs suggère qu’une résistance biotique pourrait contraindre le succès d’établissement de P. Clarkii. Ce travail met en évidence l’importance de prendre en considération les petits habitats fragmentés, pour lesquels l’isolement peut freiner la progression des invasions biologiques.


  • Résumé

    This thesis investigates the invasion pattern of small ponds organized in networks, by one of the most invasive species in Europe, the red-swamp crayfish Procambarus clarkii, in the Regional Nature Park of Brière. Firstly, crayfish presence was detected in ponds by using two sampling methods, the innovative environmental DNA (eDNA), and trapping by funnel traps, traditionally used to catch crayfish in lentic waters. EDNA had a slightly better detection efficiency (73 against 65 % for trapping) but these two methods predominantly led to divergent results. Spatial distribution of P. Clarkii was then studied in three networks of ponds, each of them neighboring one marsh of the park, major sources of crayfish. The colonization rate by P. Clarkii was higher for the network of ponds in the vicinity of the earliest colonized marsh, suggesting a major role of propagule pressure on the success of invasion by P. Clarkii. Distance to these marshes partly explained crayfish spatial distribution but streams can also facilitate long-dispersal events across the terrestrial matrix. Finally, most ponds host crayfish abundances still moderate, suggesting that an ecological resistance of ponds to crayfish invasion can occur. In particular, biotic associations between P. Clarkii and some predatory taxa suggest that a biotic resistance can constrain P. Clarkii establishment success. This thesis highlights the importance of considering small discrete patches for which isolation can slow down invasion progression.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (211 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. (169-171 p.)

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  • Cote : D 73
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