Surmoi et destin du surmoi chez la mère de l'enfant en situation de handicap mental

par Giovanni Rossi

Thèse de doctorat en Psychopathologie clinique

Sous la direction de Jean-Michel Vives.

Soutenue le 12-10-2013

à Nice , dans le cadre de ED-86-Lettres sc. Humaine , en partenariat avec Laboratoire LIRCES-EA 3159 (Nice) (laboratoire) .

Le président du jury était Thierry Bisson.

Le jury était composé de Jean-Michel Vives, Claude Miollan.

Les rapporteurs étaient Giovanni Guerra, Marie Jemma-Jejcic.


  • Résumé

    La clinique de l'enfant en situation de handicap est une clinique très complexe. Les défenses psychiques mises en place par les familles et plus particulièrement par les mères pour faire face à la souffrance engendrée par le handicap rendent les relations transférentielles très difficiles à mettre en place. Les principales observations mettent en évidence des faits cliniques qui apparaissent avec une certaine fréquence dans la plupart des familles : omniprésence de la mère autour de la prise en charge de l'enfant et disparition du père symbolique du dispositif familial. L'absence de tiers paternel quiest sensé symboliser la métaphore oedipienne, entraîne une attitude de la mère ambivalente à la suite de laquelle l'enfant devient une sorte d'objet de jouissance à l'instar du fétiche pour le pervers. Sans altérité, sans tiers, faire le deuil du diagnostic devient bien souvent impossible et cela entraîne souvent un déni du handicap accompagné de l'apparition d'un discours teinté de persécution et d'une rivalité entre les différentes personnes qui gravitent autour de l'enfant et les mères. À l'instar de l'enfant unique qui, à la naissance d'un petit frère, peut régresser psycho-affectivement (ex : il était propre, il redevient sale) la mère à la suite du traumatisme engendré par l'annonce du handicap subirait une régression psychique causée par l’effondrement de l’idéal que l'enfant en situation handicap mental produit chez la mère. Cette thèse veut démontrer que ces attitudes sont, selon nous, le fruit d'un bouleversement principalement surmoïque. Nous avons voulu aborder cette thèse sous l'angle du Surmoi car nous pensons qu'aucune clinique comme celle de l'enfant en situation de handicap ne nous confronte autant à cette notion de critique, censure et jugement pour départager le normal du pathologique.Nous avons émis l’hypothèse que suite à l'annonce du handicap, la mère normalement pacifiée par le Surmoi paternel oedipien (le Surmoi Freudien), basculerait dans un positionnement surmoïque pré-oedipien (le Surmoi Lacanien etKleinien). À travers une étude du concept de Surmoi et la mise en lien avec le féminin nous nous proposons, par le biais de cette thèse, de faire des liens entre la clinique et la théorie. Plusieurs vignettes cliniques viendront étayer nos propos et in fine, nous décrirons notre démarche clinique thérapeutique qui vise à la ré-introduction du tiers paternel symbolique et de permettre à la mère de faire le chemin inverse.

  • Titre traduit

    Superego and superego’s fate of the mentally handicapped child’s mother


  • Résumé

    The clinical experience concerning the mentally handicapped child is a very complex one. The defences that the families, and in particular the mothers, set up in order to cope with the suffering created by the handicap make the transferential relationships really hard to establish. The principal observations highlight clinical facts that appear with a certain frequency in most of the families: the omnipresence of the mother concerning the child’s care and the symbolic father’s disappearance in the family system. The lack of the paternal third-party, who is supposed to symbolize the oedipal metaphor, generates an ambivalent attitude of the mother which leads to a situation where the child becomes an enjoyment object such as the idol for the pervert. Without otherness, without a third-party, dealing with the diagnosis is frequently impossible and leads to a denial of the handicap along with a speech tinged with persecution and rivalry between the different persons being part of the child’s and the mother’s environment. Like the only child who, on the occasion of a baby brother’s birth, can psycho-affectively regress (i.e.: he was house-trained until the baby brother’s was born), the mother, subsequently to the trauma created by the announcement of the diagnosis, would know a psychic regression caused by the collapse of the ideal, collapse which is induced by giving birth to a handicapped child. This thesis intends to demonstrate that these attitudes are, according to us, the result of a mostly superego’s distress. The approach we chose for this work is the superego’s perspective because we believe that there is no clinical experience that better illustrates this notion of criticism, censorship and judgment to decide between normal and pathologic than the one of the handicapped child.We assumed hypothetically that after the announcement of the handicap, the mother, normally pacified by the oedipal paternal superego (the superego as it was conceived by S. Freud), would all of a sudden find herself in a pre-oedipal superego’s position (the superego as it was conceived by J. Lacan and M. Klein). Through a conceptual study of the superego and the interlinking with the feminine, we suggest, by means of this thesis, to connect the clinical experience and the theory. Several clinical case vignettes will support our assumptions and, in fine, we will describe our therapeutic clinical approach which aims at re-introducing the symbolic paternal third-party and help the mother take the reverse course.


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