L' imposture scolaire ou l'impasse du désir

par Florence Aubourdy

Thèse de doctorat en Études psychanalytiques

Sous la direction de Jean-Bernard Paturet.

Le président du jury était Dominique Berger.

Le jury était composé de Jean-Bernard Paturet, Dominique Berger, Jean Ravestein, Guy-Noël Pasquet.


  • Résumé

    L'école devient le lieu d'un mal-être croissant qui met en péril l'accès égalitaire aux ressources éducatives et pervertit le rapport de l'élève au savoir. Il en résulte une augmentation des phénomènes de soumission, de rejet, de violence, source de tensions et de résistances à l'apprentissage qui se répercutent inévitablement dans la société. Pratiques de l'exclusion, de la ségrégation, de l'orientation, justifications de la logique individualiste et marchande que brandit le monde productiviste actuel. Malentendu fondamental de la notion de différence, de séparation, de coupure qui ébranle les principes mêmes de la raison et développe de manière pernicieuse un malaise, pour ne pas dire une haine de l'école et de l'institution. La réflexion vise à démontrer, à partir des concepts psychanalytiques, comment l'évaluation, nouvelle égérie technico-scientifique, dessine la figure de l'imposture scolaire actuelle par la fabrique d'un regard pervers et une logique d'« enfant dossier ». Cette perversion, à laquelle sont soumises les pratiques pédagogiques, génère une violence symbolique, physique et morale sur un nombre de plus en plus important d'élèves. Cette impasse du désir menace les structures symboliques et la construction même de la pensée. Dès lors, questionner « la Chose » scolaire, à ce point limite entre jouissance et sacrifice, place l'institution scolaire face à cet enjeu : qu'est-ce qui doit prendre fin et mourir pour qu'advienne à nouveau, au travers d'une pensée créatrice d'humanité, le désir d'un monde partagé dans la « grande maison commune »?

  • Titre traduit

    The Educational imposture or the desire deadlock


  • Résumé

    School is becoming the place of a growing malaise which endangers the egalitarian access to educational resources and perverts the learner/ knowledge relationship. This causes an increase in cases of submission, rejection, violence, sources of tension and resistance to learning with unavoidable repercussions on society. Acts of exclusion, segregation, imposed career choices, justifications of an individualistic and merchant logic brandished by the current productivist world. A fundamental misunderstanding of the notions of difference, separation, cut-off that shake the very principles of reason and adversely foster an unease, not to mention a hatred of schools and institutions. The thinking aims to demonstrate, based upon psychoanalytic concepts, how evaluation, a new techno-scientific muse, draws out the figure of the current educational imposture through the genesis of a twisted vision and a “case-file child” logic. This perversion permeates pedagogical practices, fostering a symbolic, physical and moral violence for a growing number of pupils. The desire deadlock threatens the very symbolic structures and construction of thought itself. As a consequence, to question the educational “thing”, on the threshold between enjoyment and sacrifice, forces the educational institution to confront the issue: what is it that needs to die a slow death so that can be reborn, through a humanity-bearing way of thinking, the desire for a shared world in “the great common house”?

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