La Voix et la Voie dans l'oeuvre poétique de François Cheng, "À l'orient de tout"

par Dominique Genevrier

Thèse de doctorat en Littératures françaises et comparées

Sous la direction de Philippe Marty.

Le président du jury était Yvan Daniel.

Le jury était composé de Yvan Daniel, Alain Rocher, Gérard Siary, Philippe Wellnitz.

Les rapporteurs étaient Yvan Daniel, Alain Rocher.


  • Résumé

    Le parcours de l’écrivain français, François Cheng, d’origine chinoise, se situe en un lieu de rencontre privilégié, celui de la culture chinoise de sa jeunesse et de la culture occidentale issue du monde gréco-latin, qu’il fit sienne après son arrivée en France en 1947. La lecture de son œuvre poétique selon le double paradigme de la Voix orphique et de la Voie du Chan, mariage du bouddhisme indien et du taoïsme chinois, ouvre à l’analyse un vaste champ polysémique. L’objet de cette thèse est de montrer comment, dans l’anthologie poétique À l’orient de tout, cette dimension tensionnelle sous-tend l’écriture et conduit, entre convergence et divergence, change-échange, dialogue et silence, au déploiement du chant orphique dans l’espace de la métaphysique chinoise. Dans cet ordre cosmique à trois dimensions, dont le Vide est le fond indifférencié et le Dao le moteur de toutes choses, Voix et Voie entretiennent un dialogue naturel, intuition dont la notion rilkéenne de l’Ouvert a tenté de rendre compte. L’itinéraire spirituel de la Voix éveillée, trajectoire d’élévation à un pur re-voir et plongée dans la profondeur, ouvre le poème à un discret lyrisme de la vacuité, qui laisse transparaitre l’invisible à travers le visible et s’adonne au plaisir de re-nommer le monde. Répondre à ces exigences est pour le poète un défi linguistique et esthétique : par des stratégies appropriées, il doit conserver à travers la langue française le continuum du monde mais sans le soutien de l’idéographie, et se conformer au procès créateur de l’évolution et de la mutation d’une œuvre, dont la source est au cœur même du Principe immanent du Dao.

  • Titre traduit

    Orphic Chant and Way of Buddhism Chan in François Cheng’s poetry


  • Résumé

    The course of the Chinese born French writer François Cheng, takes place between two cultures : the one of his youth Chinese culture and the one of the Western Greek-Latin world, which he adopted when he arrived in France in 1947. The reading of his poetic works according to both paradigms of orphic Chant and Way of Buddism Chan, junction of the Buddhism and Chinese Taoism, generate a vast polysemic field for analysis. The objective of this thesis is to demonstrate how in the poetic anthology À l’orient de tout, this two dimensions sustain his writing and lead, between convergence and divergence, change-exchange, dialogue and silence, to the expansion of the orphic Chant in the Chinese metaphysic space. In this three dimensions cosmic order, where the emptiness is the bottomless Undifferentiated of Universe and the Dao, the active Principle of everything, Voice and Way converse through a natural dialogue, an intuition which Rilke’s notion of the Open tried to highlight. The spiritual path of the Awakened Voice rises into a pure vision and plunges into depth, which opens the poem to a discreet lyricism of vacuity, and suggests the invisible through the visible and devotes itself to rename the world. For the poet, the answer to these requirements is a linguistic and aesthetic challenge. With proper strategies, he must preserve the continuum of the world through the French language but without the support of ideography and must also abide by the creative process of endless evolution of the work, the source of which is the very heart of the immanent Principle of Dao.

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