Une monographie : Gus Van Sant : étude esthétique d'une oeuvre cinématographique entre harmonie et ruptures

par Céline Saturnino

Thèse de doctorat en Arts. Spécialité Études Cinématographiques et audiovisuel

Sous la direction de Maxime Scheinfeigel.

Soutenue le 16-01-2013

à Montpellier 3 , dans le cadre de École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (Montpellier ; ....-2014) , en partenariat avec Représenter, inventer la réalité du romantisme a l'aube du xxi ème siècle (équipe de recherche) .

Le président du jury était François Thomas.

Le jury était composé de Maxime Scheinfeigel, François Thomas, Marc Cerisuelo, Raphaëlle Moine, Marion Poirson-Dechonne.

Les rapporteurs étaient Marc Cerisuelo, Raphaëlle Moine.


  • Résumé

    De son premier film, Mala Noche (1985) jusqu’à Paranoid Park (2007), Gus Van Sant, cinéaste américain, propose une oeuvre protéiforme se divisant en trois périodes. Passant sans transition d’un cinéma foncièrement indépendant à des films de studios hollywoodiens, le cinéaste investit des systèmes de production opposés où il développe différentes approches de l’art cinématographique. Ses premiers films indépendants se caractérisent par une liberté et une prodigalité formelles, notamment portées par un brassage de références artistiques multiples (des auteurs de la contre-culture à Orson Welles en passant par Jean Genet). A cela s’oppose le classicisme de sa deuxième période, induit par le recours à des genres hollywoodiens canoniques, mais cependant troublé par l’étrange remake du Psychose d’Alfred Hitchcock. Après quoi le cinéaste renoue avec le circuit indépendant via des oeuvres proches de l’expérimentation en allant vers une épure de l’expression cinématographique. L’hétérogénéité esthétique de l’oeuvre de Gus Van Sant trouve néanmoins unecohérence grâce à une série de motifs iconographiques récurrents et à un axe thématique fort qui la traverse de bout en bout : l’individu, souvent marginal, dans son rapport aux autres et au monde, troublé par des crises identitaires, une quête des origines et un devenir incertain. Cette problématique s’exprime à travers un cinéma humaniste, entièrement voué auxpersonnages, au point de faire de leur seule présence sa matière même, sa condition d’existence – ou quand Gus Van Sant rejoint le « cinéma des corps » défini par Gilles Deleuze. Tous ses films apparaissent alors comme des variations esthétiques sur le même thème, et sont autant de questions posées au cinéma et par le cinéma, explorant sans cesse ses diverses potentialités.

  • Titre traduit

    A monograph : Gus Van Sant : aesthetic study of a cinematographic work between harmony and breaks


  • Résumé

    From his first movie, Mala Noche (1985), until Paranoid Park (2007), Gus Van Sant, American film director, offers a protean body of work which can be divided into three phases. As a director, he gets himself into opposite production systems, smoothly alternating between fundamentally independent productions and Hollywood studios movies, and in doing sodevelops different approaches of the film art. His first independent movies are characterized by formal freedom and abundance which can notably be brought about by the mingling of so many artistic references (from counter-culture authors, to Orson Welles or Jean Genet). To this can be opposed his second phase classicism, consecutive of his resorting to canonic Hollywood genres, but somehow blurred by his strange Alfred Hitchcock’s Psycho remake.After that, the director comes back to the independent circuit via close to experimentation works, going towards an uncluttered film expression. There is however coherence in Gus Van Sant’s aesthetics of heterogeneity through aseries of recurring iconographic patterns and a strong thematic axis : the individual in his relations with other people and the world, often a dropout troubled by identity crisis, a quest for his origins and an uncertain becoming. This issue is expressed through a humanistic cinema, entirely devoted to the characters, to the point of making their mere presence its very substance, its condition of existence – Gus Van Sant catches up the “cinéma des corps” that Gilles Deleuze helped define. All of his movies then appear as aesthetic variations on the same theme and they are just as many questions asked to the cinema by itself, unceasingly exploring its various potentialities.

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