Dynamiques des liens entre plantes rares, hommes et espaces : socio-anthropologie des pratiques de (ré)introductions végétales

par Anne-Claire Maurice

Thèse de doctorat en Socio-anthropologie de l'environnement

Sous la direction de Nathalie Machon et de Richard Dumez.

Le président du jury était François Sarrazin.

Le jury était composé de Gérard Largier, Richard Raymond.

Les rapporteurs étaient Laurent Simon, Rebecca Harding.


  • Résumé

    Au cours des années 1970, un type d’approches originales a pris essor chez les spécialistes du vivant : les « renforcements », « introductions » et « réintroductions » de plantes rares ou menacées. Liées au développement de la biologie de la conservation, ces approches visent à replacer dans le milieu naturel des individus afin que ceux-ci s’y reproduisent. Appliquées aux animaux, elles se sont parfois retrouvées au coeur de conflits rapportés à l’échelle nationale. Appliquées aux plantes, souvent jugées comme supportant des liens moins forts avec les hommes, elles se sont surtout caractérisées par leur discrétion. Derrière cette apparente quiétude, quels sens et place ont-elles acquis pour les spécialistes ? A partir de quels savoirs et dans quelle dynamique des idées scientifiques ont-elles pris consistance ? Cette thèse aborde la question des liens entre végétaux rares, hommes et espaces à travers l’étude socioanthropologique de projets de (ré)introductions, menés durant les années 1980 et 1990 : celles du ciste hérissé (Cistus psilosepalus Sweet) en Bretagne, de la centaurée de la Clape (Centaurea corymbosa Pourr. ) en Languedoc-Roussillon et de la sabline à grandes France. Elle montre les évolutions paradigmatiques au cours desquels ces projets ont été favorisés : durapprochement entre génétique agronomique et institutions françaises originales d’impulsions locales – les Conservatoires botaniques nationaux –, à l’institutionnalisation et la territorialisation de la conservation de la flore en France. En tant que projets collectifs, les (ré)introductions étudiées se présentent comme le regroupement de motivations diverses, souvent en lien étroit avec des enjeux de construction identitaire et territoriale. Projetées dans des cadres de référence taxonomiques et spatio-temporels dissemblables, elles ont conduit à attribuer des statuts marginaux aux plantes concernées. Ces statuts ont été renforcés par le caractère contingent de ces projets. Au-delà des approches en question, l’enjeu du recoupement des lieux – de vie de la plante, de l’espace laboratoire, de prospection naturaliste ou encore de territoire d’agrément de Conservatoire botanique – se révèle crucial en ce qu’il permet à des acteurs différents de s’allier autour d’un même objet, bien que celui-ci apparaisse sans cesse remis en question et redéfini pour chacun d’eux.


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  • Résumé

    During the 70’s, a new type of approaches gained popularity among specialists of living organisms: “reinforcements”, “introductions” and “reintroductions” of rare or threatened plants. Associated with the development of conservation biology, these approaches aim at reestablishing individuals in nature. Applied to animals, they sometimes appeared at the core of conflicts of national concern. Applied to plants, often considered to have less in common and hold lesser ties with humans, they appear mainly unnoticed. Behind this seemingly quiet appearance, what meaning and importance did they acquire for specialists? From which knowledge and during which dynamic of scientific ideas were they built? This thesis investigates the relationships between rare plants, humans and space through the socioanthropological study of (re)introduction projects carried out during the 80’s and 90’s and targeting three plant taxa: Cistus psilosepalus Sweet in Bretagne, Centaurea corymbosa Pourr. In Languedoc- Roussillon, and Arenaria grandiflora L. In Île-de-France. This thesis reveals changes of paradigms during which reintroduction projects in France were promoted: from the convergence of agronomical genetics and unique French institutions emerging from local impulsions – Botanical conservatories – to the organization and territorialisation of plant conservation in France. As collective projects, studied (re)introductions resulted from varying motivations, often related to the construction of an identity and a territory. Considered with distinct spatio-temporal and taxonomic frames of reference, (re)introductions resulted in the attribution of hybrid statuses to targeted plants. These marginal statuses were reinforced by the contingency of these projects. Beyond the approaches, the importance of the locations – of wild plants, of laboratory environment, of naturalist prospects, or of authority territory of Botanical Conservatories – appears critical as it allows various specialists gathering on the same object, though the latter is continuously questioned and redefined by each specialist.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (436 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 373-394

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  • Bibliothèque : Muséum national d'histoire naturelle. Bibliothèque centrale.
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  • Cote : TH 2013 -- 24
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