Le premier peuplement des Amériques : application de la morphométrie géométrique 3D à la variation crânienne actuelle et fossile

par Manon Galland

Thèse de doctorat en Paléoanthropologie

Sous la direction de Alain Froment et de Martin Frieß.

Le président du jury était Bruno Maureille.

Le jury était composé de Stéphane Mazières, Fernando V. Ramirez Rozzi, Águeda Vilhena Vialou.

Les rapporteurs étaient Rolando González-José, Paul O'Higgins.


  • Résumé

    L’arrivée de l’Homme moderne dans le Nouveau Monde demeure le sujet de nombreuses questions sur sa provenance, son ancienneté, la (les) route(s) empruntée(s) ainsi que le nombre de vagues de migration à l’origine de la diversité biologique observée au sein des Américains Natifs. La variabilité morphologique crânienne à la fois géographique et diachronique se situe au cœur de ce débat, tantôt interprétée comme (i) témoignant de la présence de deux vagues de migrations distinctes ou (ii) relativement continue et issue d’une vague majeure de migration suivie d’une diversification locale et/ou de flux géniques récurrents. Le présent travail repose sur les méthodes de morphométrie géométrique 3D et sur les concepts de génétique des populations appliqués sur un large échantillon composé de 89 fossiles et de 889 spécimens modernes provenant des Amériques, d’Asie, d’Australo-Mélanésie et de Polynésie. Plusieurs approches ont été abordées : (i) une analyse de la variabilité morphologique du crâne et du neurocrâne en prenant en compte l’influence sur la conformation de facteurs chrono-géographiques et de paramètres environnemental, climatique et linguistique; (ii) une étude portant sur l’apport des sliding semilandmarks à l’échelle populationnelle ; (iii) un test direct des hypothèses de peuplement grâce à une approche par modélisation permettant d’évaluer dans quelle mesure nos données morphométriques s’accordent avec différents modèles tenant compte de divers processus microévolutifs. Nos résultats démontrent une variabilité morphologique très importante à la fois dans le temps et dans l’espace. Ils mettent en évidence que la majorité de la variance observée peut s’expliquer selon des facteurs régionaux plutôt que selon des facteurs chronologiques et/ou environnementaux. Nos données morphométriques favorisent un modèle comprenant une vague de migration majeure suivie de processus microévolutifs locaux, notamment en Basse-Californie. Nos résultats peuvent aussi soutenir la présence de flux récurrents dans les zones subarctiques ainsi qu’une arrivée plus tardive dans l’Extrême Nord du continent, mais ils confirment également l’impact majeur d’une adaptation au froid pour les populations de cette région

  • Titre traduit

    The first peopling of the Americas : Cranial variation of fossil and modern humans assessed by 3D geometric morphometrics


  • Résumé

    The arrival of modern humans in the New World remains subject to numerous research issues regarding the origin, timing, possible route(s) taken, as well as the number of migration waves that contributed to the biological diversity of Native Americans. At the core of this debate lie geographic and diachronic patterns of cranial variation and their interpretation as either supporting (i) two migration waves, (ii) a single wave followed by local diversification and/or recurrent gene flow. This study applies 3D geometric morphometrics and a population genetics framework to a large sample consisting of 89 fossils and 889 modern human specimens from the Americas, Asia, Australo-Melanesia and Polynesia. Several approaches have been taken: (i) We analyzed cranial and neurocranial shape and the influence of chrono-geographic, environmental, climatic and linguistic parameters; (ii) we investigated the use of sliding semilandmarks to study within- and between-population differences; (iii) we tested hypotheses about the peopling by defining specific models and by statistically assessing how well they fit our data, while accounting for various microevolutionary processes. Our results demonstrate significant cranial variability both in time and space, and they show that most of this variance can be explained through regional factors rather than resulting from chronological or environmental factors. Our morphometric data best fit single major wave scenario, followed by local microevolutionary processes, notably in Baja California. Our results can also be seen as in support of recurrent gene flow in subarctic regions, as well as a late arrival in the extreme northern part of the continent, but they also confirm that the populations of this region have been greatly impacted by adaption to a cold climate

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  • Détails : 1 vol. (498 p.)
  • Annexes : Bibliographie : 315 réf.

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  • Cote : TH 2013 -- 22
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