Montagnes à vivre, à voir et à préserver : dynamiques du tourisme et sites européens du Patrimoine mondial (Laponia et Pyrenées-Mont Perdu)

par Florence Revelin

Thèse de doctorat en Anthropologie de l'environnement

Sous la direction de Marie Roué.

Le président du jury était Bernard Debarbieux.

Le jury était composé de Serge Bahuchet, Saskia Cousin.

Les rapporteurs étaient Igor Babou, Yves Luginbühl.


  • Résumé

    L’inscription d’un site sur la Liste du patrimoine mondial sur la base de critères mixtes combine des objectifs de conservation et de valorsation de systèmes naturels et culturels susceptibles de transformer le rapport au lieu ou le lieu labellisé lui-même. La thèse aborde ces dynamiques à travers le prisme du tourisme, grâce à l’étude comparative de deux sites européens du Patrimoine mondial de l’Unesco en régions de montagnes : Laponia (au nord de la Suède), territoire ancestral des Samis qui vivent de l’élevage transhumant des rennes, et Pyrénées‐Mont Perdu (site transfrontalier entre la France et l’Espagne), façonné par l’agro-‐pastoralisme ovin et bovin. Grâce à une approche ethnographique et comparative, j’ai analysé les pratiques, les savoirs et savoir-faire, les représentations et les imaginaires des usagers des sites (acteurs locaux du tourisme, éleveurs, agents des parcs nationaux, acteurs politiques et touristes). Les résultats montrent que le classement de ces régions par l’Unesco s’insère dans le cadre d’un processus dynamique qui dépasse largement le seul moment de l’inscription, et met les acteurs locaux en mouvement autour des enjeux portés par ce label. Le tourisme y occupe une place particulière en ce qu’il interagit avec toutes les facettes du développement local, repose sur un processus historique qui l’a façonné au cours du temps et fait l’objet de diverses projections. La thèse démontre néanmoins que, si le développement touristique constitue une attente fondamentale de certains acteurs locaux lors du processus de labellisation, la labellisation des sites n’affecte qu'indirectement la manière dont ils s’approprient et développent le tourisme sur leurs territoires. L’analyse de ce processus révèle par ailleurs le caractère déterminant de la constitution des éleveurs en force politique : les inflexions observées sur le territoire lapon sont le résultat d'un investissement de la gouvernance du site par les Samis dans le contexte d'une lutte pour la reconnaissance de leurs droits et de leur culture, perspective qu'on ne retrouve pas sur le territoire pyrénéen.


  • Résumé

    The establishment of a World Heritage Site based on mixed criteria combines objectives relating both to the preservation and the promotion of natural and cultural systems. They may profoundly transform both the relationships to these places and the places themselves. This thesis addresses these dynamics through the prism of tourism. It is based on a comparative study of tourism in two European UNESCO World Heritage Sites situated in mountainous regions : Laponia (in northern Sweden), part of the ancestral land of the Sami people who practice transhumant reindeer husbandry ; and Pyrénées -Mont Perdu (a transboundary area between France and Spain), shaped by ovine and bovine agro-pastoralism. This research is based on a comparative ethnographic approach that focuses on the practices, knowledge, know-how, representations and imaginaries of the diverse users of the sites (local tourism professionals, herders, national park agents, politicians and tourists). The analysis shows that the labelling of these regions by UNESCO took place in the context of a broader dynamic process concerning much more than hust the moment of inscription on the World Heritage List, which mobilised local actors around the many diverse stakes raised by and related to the label. Tourism has a specific place in this dynamic as it intersects with all features of local development and is subject to a diversity of projected views of and visions for the region. This thesis demonstrates that if the development of tourism is a fundamental expectation of the labelling process for some local actors, the sites’labelling has in fact only an indirect effect on how local people adapt to and develop tourism within their territories. The analysis of this process underscores the determining character of the herders’formation into a political body : the observed changes on the Sami territory are the result of the Sami’s commitment to involvement in the site’s governance, itself linked to the wider context of their long struggle to get their rights and culture recognised. This dynamic is not found in the Pyrenean case study.

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  • Détails : 1 vol. (XIII-458 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 437- 448

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  • Cote : TH 2013 -- 18
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