Le troisième département de l'Oratoire de Jésus (XVIIe-XVIIIe siècle) : un réseau congréganiste dans la France du Midi

par François-Xavier Carlotti

Thèse de doctorat en Histoire des religions

Sous la direction de Bernard Hours.

Le président du jury était Régis Bertrand.

Le jury était composé de Yves Krumenacker.

Les rapporteurs étaient Bernard Dompnier, Serge Brunet.


  • Résumé

    L’Oratoire de Jésus est une congrégation séculière sans voeux fondée le 11novembre 1611 à Paris par le cardinal Pierre de Bérulle. Dans sa dimensionprovençale, il présente une singularité : une triple racine. Il avait reçu dans sespremiers temps l’influence de la Doctrine chrétienne à laquelle Jean-BaptisteRomillon, son premier instituteur dans la province, avait appartenu avant de serapprocher de l’Oratoire crée par Philippe Neri en Italie à la fin du XVIe siècle,puis de s’unir en 1619 à celui de France et à Bérulle.Associée au Languedoc, à la Gascogne et à la Guyenne, la Provenceconstitue au sein de l’Oratoire de France une division administrative propre, letroisième « département ». Ses « maisons » font vivre un réseau actif etmultiforme : flux humains et de capitaux, entraide spirituelle, échangesmatériels et de services, au sein d’une congrégation elle-même hiérarchisée etcentralisée dans laquelle le lien avec Paris est maintenu par les visiteursdépartementaux et les supérieurs de maisons, nommés.Cette solidarité est encore renforcée par une identité culturelle partagée,une origine géographique commune, une même extraction, une relativestabilité. Les sujets méridionaux - Pères et confrères voués à l’apostolat et à larégence des collèges, frères-servants aux talents multiples - voient en effet, deleur recrutement à leur mort, leurs carrières s’inscrire pour l’essentiel dans leslimites du département. Le succès rapide de leurs entreprises, principalementdédiées à la sanctification du clergé et à l’enseignement de la Parole, est favorisépar le soutien des évêques auxquels ils se soumettent, comme par la faveur desconseils de ville qui leur confient l’instruction de la jeunesse.Mais la fin du Grand Siècle voit se briser ce bel élan. Les oratoriens ontmajoritairement adhéré jusqu’après 1750 au jansénisme dans sa dimension laplus théologique. Et dans le Midi, ils en forment les bataillons les plus nourris.Du fait de la répression, leur recrutement subit une baisse sensible, et beaucoupd’établissements sont fermés.A la veille de la Révolution, la structure de l’Oratoire apparaîtprofondément transformée : réconciliée avec l’Eglise, rajeunie, de congrégationsacerdotale, elle est devenue un corps tout entier voué à l’enseignement.

  • Titre traduit

    The third department of the Oratory of Jesus (XVIIth. XVIIIth century) : a congregational network in Southern France


  • Résumé

    The Oratoire of Jesus was founded on 11th of november 1611 by cardinalPierre de Bérulle in Paris. It is a secular congregation whose members do notmake any vows.In Provence, the Oratoire is unique because of its three roots.At the beginning it was influenced by the christian Doctrine of Jean-BaptisteRomillon who was its primary school’s teacher in Provence, then at thebeginning of the XVIIth century it became aligned with the Oratorio of Neri inItaly, and finally in 1619 it merged with the French Bérulle’s Oratoire.Oratoire of Provence is connected with the regions of Languedoc,Gascogne and Guyenne. It formes a separate administrative division, the thirddepartment of the Oratoire in France. The Oratoire’s houses consist in an activeand multi-shaped network of human interaction, material exchanges andspiritual flux. The Oratoire is an organized hierarchy with a centralized head inParis which sends visitors to departments, and nominates the houses superiors.This community of men forms a stable solidarity network strengthened bythe same cultural, geographical and social background. The southern members,priests and brothers engaged into the apostolate and management of thecolleges, brothers serving at mass and talented in many skills, all of them, fromthe time they are taken on to the end of their life, act within the limit of theirdepartment.The Oratoire’s rapid success in preaching and « sanctifying the clergy » wassupported by their bishops and favoured by the town councilors who eventuallyentrusted them with teaching the young people.At the end of the great XVIIth century their remarkable expansion stopped.Untill the 1750’s the congregation in its vast majority, adhered to the Jansenistfaith, in its strictest theological form, particularly in the South of France. Becauseof persecution new membership registered a decrease and a lot ofestablishments closed down.At the eve of the French Revolution, the Oratoire’s structure was deeplymodified : they had become reconciled with the Church, younger members hadjoined it and the whole congregation had turned to teaching activities.

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