Les familles face au choix du collège : logiques d’action, régulation administrative et critique sociale

par Yoann Adler

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Jean-Louis Derouet.

Le président du jury était Jean-Émile Charlier.

Le jury était composé de Nathalie Bélanger, Yves Dutercq, André Désiré Robert.


  • Résumé

    Cette thèse s’inscrit dans un contexte de préoccupation internationale sur le choix de l’école par les familles et plus particulièrement, dans le contexte national français de réflexions nouvelles concernant la politique de la sectorisation : assouplissement de la carte scolaire de 2007 et depuis 2012, recherche d’une nouvelle forme de sectorisation stricte-ment applicable. En France, après deux décennies d’expériences d’assouplissement de la carte scolaire, effectuées par les gouvernements de droite comme de gauche, la mesure du 4 juin 2007 représente, même si la mesure en est finalement restée au stade de l’assouplissement, une liberté nouvelle dans l’esprit des familles sur laquelle il sera difficile de revenir. Le but de notre travail est donc double. Il s’agit d’abord de montrer, à travers l’épreuve que constitue le choix du collège pour les familles, les évolutions du rapport entre des usagers – les élèves et leurs parents - et leur service public d’éducation. Si la revendication du choix de l’école remonte au début des années 1980, lorsqu’un certain nombre de parents se sont rendu compte que tous les établissements scolaires ne se valaient pas, force est d’observer que les logiques à l’origine de cette dernière ont évolué. Si la logique marchande persiste, on note surtout l’émergence de nouvelles formes de la logique civique relatives aux droits des usagers : le droit à l’information, le droit à un établissement efficace, le bien-être de son enfant, sa sécurité etc. Nous cherchons à montrer qu’aux différents niveaux de régulation administrative – central, intermédiaire et local -, les acteurs de l’Education nationale tentent de répondre, comme les acteurs des collectivités territoriales, à ces nouvelles attentes des familles même si c’est parfois également dans le but de servir leurs propres intérêts : logiques électoralistes, éviter les défections d’un collège en peine d’attractivité etc. Le deuxième objectif de notre étude est d’identifier, dans un contexte d’assouplissement généralisé inédit, l’évolution des rapports de concurrence et de coopération entre les collèges d’un même territoire et les logiques des différents acteurs qui en sont à l’origine. Parmi les principaux résultats, nous avons pu observer que la mixité sociale et ethnique ainsi que les régulations locales et intermédiaires en matière d’offre de formation étaient des éléments prépondérants dans les rapports de concurrence et de coopérativité entre les établissements.

  • Titre traduit

    Families and the choice of secondary school : action logics, administrative regulation and social criticism


  • Résumé

    The present thesis, relevant of a broader concern about families' choice of school, more specifically tackles issues raisedby recent approaches on the sectorisation policies implemented in France: the 2007 relaxation of the school map and, mostly since 2012, the efforts to shape a new sectorisation model on a strict compliance basis. As the latest update of two decades of experiments with the relaxation of the school map carried out by both right-wing and left-wing governments, the Education Act of June, 4th 2007, though not venturing beyond the relaxation stage, has deeply impacted families' ways of thinking and availed them with a new sense of liberty which cannot be ignored nor brushed aside effortlessly. Consequently, the purpose of this study is twofold.First and foremost, we will consider how the relation between users – pupils and their parents – and public service education has been affected by the families' choice of secondary school – which all too often amounts to a trying experience. Demands for choice of school originated in the early 80's with a growing awareness on the parents' side that ed cational facilities were not on par, yet the logical determinants behind these demands have significantly shifted in focus. While a market-based logic remains a key factor, new forms of civic logic have surfaced which are mostly concerned with the rights of users, laying a strong emphasis on the right to information, the access to an efficient school, the well-being and safety of one's child, etc. On every level of administrative regulation, whether central, intermediate or local, the educational community as well as the local authorities have been trying to meet the families' new expectations, sometimes if only to serve special interests : garner electoral votes, contain defections from school institutions plagued by a lack of attractivity, etc. This is properly the core of our demonstration. The second – and far from secondary – purpose of our study is to delineate the evolution of the relations of competition and cooperation between secondary schools located in a same area, highlighting in the process the various actors' logics at work within this broader – and unprecedented – relaxed framework. In the course of this study, we have been able to assess, among various factors, how social and ethnic mixity, along with effective regulation of training provision on local and intermediate levels, play a preponderant and substantial part in the relations of competition and cooperation between school institutions.

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