Les écrits sur l’art d’André Breton : 1920-1944

par Hisano Shindô

Thèse de doctorat en Lettres et arts

Sous la direction de Dominique Carlat.

Soutenue le 12-10-2013

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique et arts (Lyon) , en partenariat avec Passages XX-XXI (Lyon) (laboratoire) .

Le président du jury était Mireille Hilsum.

Le jury était composé de Marie-Paule Berranger, Serge Linarès.


  • Résumé

    La présente étude a pour objet d’examiner les écrits d’André Breton sur l’art et d’éclairer l’importance des recherches opérées sur l’image dans les principales questions abordées par l’écrivain entre les premières années de sa carrière et la fin de la seconde guerre mondiale. Si le surréalisme a commencé comme un mouvement littéraire, il va de soi que les arts plastiques n’ont pas tardé à y occuper une place essentielle. De toute évidence, les succès du surréalisme en matière d’art plastique sont encouragés par la passion vive et constante de Breton lui-même en ce domaine. Les œuvres d’art ont souvent été pour Breton autant d’occasions d’écriture. Une part de ces textes est généralement considérée comme relevant de la critique d’art. Cependant les réflexions de l’écrivain sur l’art ne se limitent pas au genre critique. Certains essais et les récits autobiographiques rendent compte d’événements étonnants suscités par les œuvres d’art. La question artistique peut en outre prendre la place principale dans les textes argumentatifs et théoriques.Les écrits de Breton peuvent être situés dans la grande filiation de la modernité poétique, de Baudelaire à des contemporains comme Jacques Dupin ou Bernard Noël. Ces textes mettent en jeu le rapprochement et la concurrence entre poésie et peinture. Le propos de l’écrivain ne vise pourtant pas à accorder la supériorité à l’expression verbale plutôt qu’à la représentation visuelle ou vice-versa, mais à faire remarquer l’entrelacement du langage et de l’image. Breton s’efforce en outre de mettre à profit l’entrecroisement hiérographique de l’écriture et de l’image. Loin de chercher à dégager une conception cohérente de l’écrivain concernant les arts plastiques, notre analyse s’efforce de montrer comment les images visuelles ont au contraire pour objet de déstabiliser l’écriture de Breton et de la remettre en cause. Dans la première partie, nous nous pencherons sur les réflexions de Breton sur l’art au cours des années 1920, dont le développement traverse les frontières génériques des textes. Dans la partie suivante, nous constaterons qu’une place plus importante est accordée dans les années 1930 aux recherches sur les représentations visuelles, qui concernent alors directement les préoccupations principales de l’écrivain : le problème porte sur le désir inconscient, sa révélation et sa réalisation. Tandis que les tableaux sont susceptibles de mettre en place un nœud entre réalité et rêverie, l’ « objet surréaliste » consiste à déplacer sans cesse la frontière de ceux-ci. La dernière partie sera consacrée à l’apport des représentations visuelles dans la conception du « mythe surréaliste », qui occupe la place principale dans les préoccupations du groupe aux cours des années 1940. Le recours aux produits de l’imaginaire collectif n’empêche pas de profiter du caractère polyphonique des images pour en révéler le caractère mystificateur. En suivant ainsi l’évolution des recherches de Breton sur l’art plastique dans l’ordre chronologique, nos analyses voudront montrer que l’activité de Breton autour de l’art visuel entretenaient un rapport étroit avec l’écriture. L’intérêt conjoint pour les arts plastiques et pour la poésie n’aboutit pas à proclamer la suprématie de l’une sur les autres, encore moins à prétendre à la fusion des deux domaines. Inséparable de l’écriture, mais toujours en dehors ou plutôt en marge de celle-ci, les représentations visuelles ont pour effet de remettre les écrits en question en perturbant la lecture. Or, un tel décalage suppose incontestablement la participation du lecteur-spectateur qui, dans son embarras devant cette double incohérence, est convié à se mêler au jeu des textes et des images. L’écrivain s’efforce ainsi d’inviter le lecteur-spectateur à l’intérieur des champs surréalistes, en lui proposant de vivre la même expérience que lui.

  • Titre traduit

    The writings on the arts of André Breton : 1920-1944


  • Résumé

    The purpose of this study is to examine the writings of Andre Breton on the arts between the first years of his career and the end of The Second World War. If Surrealism began as a movement of literature, it goes without saying that arts have occupied an essential place in this group. Obviously, the success of the surrealism in the field of art is encouraged by the passion of Breton in this area. The art works inspired Breton to write many texts. A part of these texts is generally regarded as “art critic”. However the reflections of the writer on the art is not confined to this genre. Some essays and autobiographical stories tell episodes created by the art works. In addition, the artistic question may take the main place in the argumentative and theoretical texts.The writings of Breton may be located in the filiation of the modern poetry, from Baudelaire to contemporary poets as Jacques Dupin or Bernard Noël. These texts discuss the competitive relation between poetry and painting. The texts of Breton don’t try to give the superiority to the verbal expression rather than to the visual representation or vice versa, but to point out the interlacing of language and image. Far from seeking to find a coherent concept of the writer concerning the field of art, our analysis tries to show how the visual images have influence on the writing of Breton. In the first part, we will focus on the reflections of Breton on the art in the 1920s, the development of which crossed the borders of genres of texts. In the next part, we will find that a more important place is given in the 1930s to research on the visual representations, which then relate directly the main concerns of the writer : unconscious desire, its revelation and realization. The last part will be devoted to the contribution of visual representations in the “myth of Surrealism”, which occupied the important place in the concerns of the group during the 1940s. Following the evolution of Breton’s reflections on the plastic art in chronological order, our analysis will show that the activity of Breton around the visual art had a close relationship with his writing. The interest both for the plastic arts and for the poetry does not lead to proclaim the supremacy of one over the other, still less to pretend to the fusion of the two areas. Inseparable from the writing, but always outside or rather at the margin of the wrigting, the visual representations have the effect of putting the writings in question. However, such a discrepancy between texts and images implies the participation of the reader-spectator who, is invited to magnetic field of the Surrealism.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.