Enseigner l'interculturel dans le supérieur : quels discours et approches d'un concept ambigu à l'heure de l'internationalisation ? Le cas de la Finlande

par Céline Tournebise

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Guy Achard-Bayle et de Fred Dervin.

Soutenue le 13-12-2013

à l'Université de Lorraine en cotutelle avec Åbo akademi , dans le cadre de Ecole doctorale Fernand Braudel (Nancy-Metz) , en partenariat avec Centre de Recherche sur les Médiations (Metz) (laboratoire) .

Le président du jury était Dominique Montagne-Macaire.


  • Résumé

    L'interculturel est un concept souvent partagé mais rarement défini dans la recherche alors que ses compréhensions, interprétations et applications sont variées, ce qui mène à des malentendus et des positionnements épistémologiques et méthodologiques ambigus. En parallèle, de nombreuses critiques et propositions de réorientations de la notion voient le jour. Nous entendons faire le point sur la notion et son intégration potentielle dans l'enseignement de la communication interculturelle (ECI). Notre étude se base sur l'analyse de six groupes focalisés d'enseignants (-chercheurs) impliqués dans l'enseignement de l'interculturel du niveau supérieur en Finlande, pays du nord de l'Europe. Nous avons recours aux paradigmes postmodernes et aux sciences du langage (analyse du discours inspirée d'auteurs français, et plus particulièrement de l'école française de la deuxième génération (les théories de l'énonciation (Kerbrat-Orecchioni, 2002 ; Marnette, 2005) et une approche du dialogisme inspirée par Bakhtine (1977))). Ces méthodes permettent de mettre en avant la complexité identitaire en posant l'hétérogénéité du discours comme principe, c'est-à-dire qu'elles considèrent que tout discours inclut la « voix » de l'autre. Repérer la présence de ces voix dans les discours des enseignants/chercheurs nous a permis de démontrer comment celles-ci participaient à la construction de leur identité pendant l'interaction. Nous avons pu observer comment les relations entre ces interactions verbales donnaient lieu à des instabilités (contradictions, omissions), dont l'étude nous a aidée à déduire leur(s) façon(s) de concevoir l'interculturel. Les discours analysés révèlent a) que la définition de l'interculturel est partagée sans être perçue de la même manière et b) que les différentes représentations du concept peuvent varier dans le discours d'un même enseignant, mettant en évidences des contradictions qui posent problème s'il s'agit de communiquer un savoir-être aux apprenants. Nous nous sommes efforcée de trouver la place d'un interculturel renouvelé parmi ces discours et de dissocier l'image de l'éducation interculturelle qui est promue en Finlande de ce qui est proposé en réalité : les changements actuels semblent avoir un minimum d'impact sur la façon dont les enseignants traitent l'interculturel. Nous nous demandons alors comment l'Etat finlandais peut promouvoir un enseignement interculturel cohérent sans proposer aux enseignants/chercheurs une formation qui leur permettrait de reconnaitre les diverses diversités impliquées par l'interculturel.

  • Titre traduit

    Teaching interculturality in higher education : what discourses and approaches of an ambiguous concept in internationalized times? The case of Finland


  • Résumé

    The « intercultural » is rarely defined by researchers or media as it is perceived as transparent while its interpretations and applications vary in many ways. This leads to misunderstandings and ambiguous positioning. In parallel, several critics and reorientation propositions arise. I intend to define the scope of the concept and its integration in educational contexts. This study is based on the analysis of six focus groups involving lecturers (-researchers) specialised in intercultural communication in higher education in Finland. It reviews the different perceptions of "the intercultural" that can be found through their discourses. I use discourse analysis from French authors, more particularly the theories of enunciation (Kerbrat-Orecchioni, 2009 ; Marnette, 2005) and an approach to dialogism inspired by Bakhtin (1977) who stated that all discourses include the voice of the Other (Rabatel, 2008; Vion, 2005). Mapping the presence of voices in the discourses of lecturers helped me demonstrate how these voices participate in the co-construction of their identity and what their impact on the teacher's conceptualization of interculturality is. The analysis revealed that a) discourses about "the intercultural" are shared in spite of its polysemic definitions and approaches and b) the different representations of the concept can vary in the speech of the same teacher, showing contradictions that can be a problem when teaching a savoir-être (life skills) to learners. This study also aimed at finding the place of a renewed interculturality in Finnish higher education and intended to dissociate the image of the intercultural as it is promoted in the country from what is actually taught in practice: the latest and ongoing changes seem to have very little impact on the way these practitioners talk about the "intercultural". I conclude asking the question of how the Finnish government can promote a coherent Intercultural Education without offering its teachers/researchers a training that could help them recognize the diverse diversities implied by a renewed interculturality.


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