Les ombres du monde : Anders et le refus du nihilisme

par Édouard Jolly

Thèse de doctorat en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Christian Berner, Jean-Marc Ferry et de Antonino Mazzù.

Le président du jury était Philippe Sabot.

Le jury était composé de Christian Berner, Jean-Marc Ferry, Antonino Mazzù, Philippe Sabot, Jean-Claude Gens, Stephan Grätzel.

Les rapporteurs étaient Jean-Claude Gens, Stephan Grätzel.


  • Résumé

    Ancien élève de Husserl et Heidegger, Günther Anders (1902-1992) composa une oeuvre philosophique dont la particularité est d'interroger la situation de l'homme face aux événements les plus sombres du 20e siècle. Ce travail, élaboré à partir d'une lecture de l'oeuvre éditée à ce jour, complétée par celle du Nachlass, vise à ressaisir l'unité, la cohérence et la singularité de sa pensée autour d'une question majeure : comment un monde technicisé, un monde sans hommes, est-Il compatible avec une éthique pour des hommes sans monde ? Décrire les ombres du monde, celles d'abord laissées par un monde humain technicisé, c'est déceler les idéalités de la technique qui recouvrent chaque chose d'une évidence artificielle. Observer le monde fabriqué par des hommes devenus des ombres, c'est aussi percevoir qu'ils peuplent un environnement dont ils sont les produits. Ce monde artificiel, à défaut de ne faire que soulager l'hostilité naturelle, ajoute d'autres souffrances au poids de la nécessité, que les arts parviennent à peine à déjouer. Théoriser les ombres du monde, c'est relever la négativité d'un nihilisme réalisé par la technique, à refuser. L'hypothèse philosophique ici défendue est celle d'un nihilisme métaphysique conçu comme préalable nécessaire au refus de toute autre pratique nihiliste. A cet effet, à partir de l'oeuvre d'Anders se conçoit une philosophie occassionnelle comme pratique théorique d'une sobriété tragique. Si briser toute idée métaphysique aboutit à désenchanter les victimes de trop naïves généralités, cette théorie n'impose cependant en rien de s'interdire de faire de la métaphysique.

  • Titre traduit

    The shadows of the world : Anders and the refusal of nihilism


  • Résumé

    As a former student of Husserl and Heidegger, Günther Anders (1902-1992) wrote a philosophical work which characteristic is to examine the situation of man facing the darkest events of the 20th century. Our thesis developed with a reading of the edited work supplemented by the Nachlass, aims to synthesize the unity consistency and uniqueness of his thoughts by asking a specific question : how a technical world, a world without men, could be compatible with any ethic for men without world ? To describe the shadows of the world left by a technical one, is meant to identify idealities which cover everything with an artificial obviousness. To observe the world made by men, who themselves became shadows, is like to perceive thet they are living in a environment whose they are the products. This artificail world, instead of relieving man about the nature hostility, adds other difficulties, which the technology is only sometimes able to cope with. To theorize the shadows of the world is meant to seek the specific negativity of nihilism, which is produced by technology. Our task is to show that we can refuse the nihilism as an attitude. The philosophical hypothesis defended here is metaphysical nihilism designed as prerequisite for the refusal of any other nihilistic praxis. The philosophical work of Anders allows us to conceive an occasional philosophy as a theoretical practice, pointed out as a tragic sobriety. If to break any metaphysical idea leads to disenchant the naïve victims of generalities, this theory however does not refrain us from doing metaphysics.


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