Locuteurs de l'arabe maghrébin - langue de France : une analyse sociolinguistique des représentations, des pratiques langagières et du processus de transmission

par Alexandrine Barontini

Thèse de doctorat en Langues, littératures et sociétés

Sous la direction de Dominique Caubet et de Catherine Miller.


  • Résumé

    Qui sont les locuteurs de l’arabe maghrébin (dans ses diverses variétés) en France et quelles sont leurs pratiques langagières ? Étudier ces pratiques suppose que l’on s’intéresse aux phénomènes migratoires liés à la (post)colonisation du Nord de l’Afrique. Cette prise en compte, dans une étude sociolinguistique, de la diversité des profils, liée à l’histoire, sous l’angle séculier de pratiques potentielles de l’arabe maghrébin constitue une approche inédite.Ce travail réunit des personnes ayant un lien familial avec le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, de traditions musulmanes, juives et chrétiennes, et, parmi les personnes originaires d’Algérie, des harkis et des pieds-noirs, et/ou leurs descendants nés et/ou socialisés en France. La première partie s’intéresse au concept d’ethnicité et montre que les termes « assimilation/intégration » fonctionnent sur un mode injonctif et ne constituent plus des outils théoriques pertinents. Enfin, sont examinées les catégorisations ayant trait aux populations considérées.La seconde partie examine le processus de transmission, les représentations et pratiques langagières déclarées, en s’appuyant sur les entretiens recueillis. Concernant la transmission, le modèle dominant qui présuppose une perte de la langue familiale sur trois générations conduit à masquer ou à schématiser un processus autrement plus complexe. Cette thèse met en évidence qu’il ne s’agit pas d’un processus linéaire, tant dans la (re)définition proposée qu’à travers les entretiens et les parcours. Enfin, la troisième partie s’intéresse aux pratiques langagières effectives et propose des pistes d’analyse autour des questions de variation, de koinéisation et d’accommodation.


  • Résumé

    Who are the speakers of North African Arabic (in all its varieties) speakers in France and what are their linguistic practices ? To study those practices means taking an interest in migrations phenomena linked to the (post)colonisation of North Africa. Taking into account those diverse profiles, inherited from history, from the secular angle of North African Arabic practices constitutes a new sociolinguistic approach.This work gathers people who have a family connection with Morocco, Algeria or Tunisia, who are from Muslim, Jewish or Christian traditions; for those who are from Algeria, it gathers also « harkis » and « pied-noirs » and/or their descendants, born and/or socialised in France.The first part looks over the ethnicity concept and shows that the terms “assimilation/integration” operate more like injunctions than like relevant theoretical tools. Categorisations related to the people studied here are also investigated.The second part analyses transmission, linguistic representations and practices as declared by the interviewees. About the transmission, the main theoretical model presumes that the family language is due to disappear after three generations, which contributes to hide or reduce a much more complex process. The present thesis proves that it is not a linear process, based on the (re)definition proposed as well as through the interviews and the interviewees’ parcours.Eventually, the third part deals with real linguistic practices of North African Arabic and proposes possible reflections about questions of linguistic variation, koineisation and accommodation.

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