Le développement industriel japonais au cours de la seconde moitié du dix-neuvième siècle analysé à partir du port de Moji (Kyûshû Nord)

par Alexandre Roy

Thèse de doctorat en Langues, littératures et sociétés

Sous la direction de Pierre Souyri.

Soutenue en 2013

à Paris, INALCO .


  • Résumé

    Notre thèse propose d'éclairer «par le bas» le développement industriel japonais au cours de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, en étudiant le cas du port de Moji. Commandant les voies de communications entre le Japon central, le continent et l'île de Kyûshû, ce port -délaissé sous l'ancien régime (1603-1867) - devint aussitôt après son ouverture au commerce international (en 1890) le grand port charbonnier de l'Asie, l'un des cœurs économiques de la région. S'appuyant sur un champ large de sources (archives locales, gouvernementales, d'entreprises, presse japonaise et internationale, etc. ) notre travail montre, d'abord, le rôle de « pilote » du nouvel Etat et celui de « moteur» des acteurs locaux sur les deux premières décennies de l'ère de Meiji (chap. 1 à 4). Nous montrons aussi comment dans tous les secteurs (productif, logistique, commercial et financier), la dynamique des « petits» acteurs locaux a vite buté contre le développement hégémonique des zaibatsu (cha p. 5 à 7). Enfin, notre analyse de l'expansion commerciale du charbon japonais depuis Moji sur toute l'Asie orientale au cours des années 1890 (chap. 8) insiste sur les facteurs externes : elle résultait de la hausse de la demande en Asie et d'un mouvement global de régionalisation des marchés à l'échelle mondiale. . . Qui éloigna les concurrents britanniques et australiens hors d'Asie. Notre thèse montre ainsi comment le développement industriel japonais reposa autant sur la vigueur des acteurs locaux que sur la direction assurée par l'Etat, avant d'être récupéré et dominé par les zaibatsu, et comment, de bout en bout, ce processus est resté marqué par les évolutions économiques internationales.

  • Titre traduit

    ˜The œindustrial development in Japan during the Second Half of the Nineteenth Century analysed through the Port of Moji (Kyūshū)


  • Résumé

    Ln this PhD. Dissertation, I analyze the industrial development in Japan during the second half of the nineteenth century through the case of the port of Moji (northern Kyüshü). While controlling the maritime roads across central Japan, the continent and the island of Kyūshū, this port has been neglected by the authorities during the Edo Period (1603-1867). Lt had to wait for the Imperial Regime (Meiji Restoration in 1868) to become by the dawn of the twentieth century the center of the industry in Western Japan, exporting coal all across the Empire and East Asia since its opening to foreign trade in 1890. Using a wide range of sources (local, governmental and company's archives and publications, national and international press etc. ), we show at first, on the two first decades of the Meiji Era (1868-1905), the State as the "driver" and the local actors as "the engine" of the industrialization process (chap. 1 to 4). However, soon, the vitality of the local actors suffered in every sector (coal production, trade, banking, transportations) from the rising hegemony of the zaibatsu during the 1890s (chap. 5 to 7). This development relied mainly on the expansion from Moji of the Japanese coal market abroad, reaching Singapore. We explain it by insisting on the external factors, as the growing demand in China and the withdrawal of the Australian and British coals from East Asia during the 1890s (chap. 8). The Japanese industrialization then appears to have relied on both the direction provided by the State and the vigor of the local actors, which faced afterward the rising power of the zaibatsu. Overall, the international economie conditions have been crucial in this process.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (571 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 508-554

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (Paris).
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