Mathias E. Mnyampala (1917-1969) : Poésie d'expression swahilie et construction nationale tanzanienne

par Mathieu Roy

Thèse de doctorat en Langues, littératures et sociétés du monde

Sous la direction de Gilles Delouche et de Alain Ricard.

Soutenue en 2013

à Paris, INALCO .


  • Résumé

    Mathias Eugen Mnyampala (1917-1969) est un écrivain, juriste et poète d'expression swahilie tanzanien. De langue maternelle cigogo, il apprend le kiswahili et l'écriture par les textes de la Bible à l'âge de quinze ans. A partir de l'indépendance du Tanganyika en 1961, il engage son art poétique au service du développement du kiswahili, la langue de la nouvelle nation. Dans cette destinée particulière d'un jeune pasteur de l'Ugogo du centre de la Tanzanie, qui devient un maître reconnu par ses pairs de la poésie d'expression swahilie et un artiste national, se reflète la problématique de la construction d'une nation tanzanienne. Notre question centrale concerne la structure métrique formelle et la langue des poèmes de Mathias E. Mnyampala. Comment les définir ? Quels rapports entretiennent-ils avec le corpus classique des XVIIIème et XIXème siècles de la poésie d'expression swahilie ? Pourquoi est-ce ce type particulier de poésie - décrit formellement et linguistiquement - qui fait l'objet d'une promotion à l'échelon national et de reconnaissances officielles par des autorités politiques successives de Tanzanie ? Pour aboutir à l'interprétation politique de l'analyse formelle et linguistique des textes poétiques, il nous a fallu d'abord nous doter d'outils de description formelle qui étaient manquants. Nous parcourons pour ce faire l'ensemble des théories métriques existantes afin d'arriver à une synthèse formelle et réductionniste. Nous analysons ensuite le corpus poétique de Mathias E. Mnyampala sur cette base. Les formes métriques et la langue des poèmes témoignent de processus créatifs ex materia liés à la métrique classique qui nous apprennent quelque chose au sujet de la construction nationale au service de laquelle ils sont appelés. La création ex materia, ni classique ni moderne, est une troisième voie de la composition poétique que notre approche formelle permet de décrire. Nous verrons qu'en parallèle d'une nationalisation des mètres classiques de la poésie d'expression swahilie, il est question d'une africanisation de la culture nationale.

  • Titre traduit

    Mathias E. Mnyampala (1917-1969) : kiswahili poetry and the Tanzanian nation building


  • Résumé

    Mathias Eugen Mnyampala (1917-1969) was a Tanzanian writer, lawyer and poet who wrote in Kiswahili. His mother tongue is Cigogo. He learned to read and to write in Kiswahili at the age of fifteen in a local Roman Catholic Bible school. Since independence of Tanganyika in 1961, he put his poetic art at the service of the development of Kiswahili, the language of the new nation. The issue of the Tanzanian nation building is reflected in this particular destiny of a young pastor from Ugogo in the center of Tanzania becoming a master of Kiswahili poetry recognized by his peers as well as a national artist. Our main question concerns the formal metric structure and linguistic description of Mathias E. Mnyampala's poems. How to define them? What relationships do they have with the eighteenth and nineteenth centuries classical corpus of the Kiswahili poetry? Why is this particular type of poetry - considered formally and linguistically - which is being promoted at the national level and getting official recognition by successive political authorities in Tanzania? To achieve the political interpretation of formal and linguistic analysis of poetic texts, we first had to equip ourselves with tools that were missing regarding formal metric description. I attempted to analyze all the existing theories in metrics to arrive at a formal and reductionist synthesis. I then analyzed Mathias E. Mnyampala's poetic corpus on this basis. Metric forms and the language of the poems demonstrate ex materia creative processes linked to the metrics of the classical corpus that tell us something about the nation building in which they are called. The ex materia creation, neither classical nor modern, is a third way of poetic composition that my formal approach can describe. I will analyze that parallel to the nationalization of the meters of classical Kiswahili poetry, it comes to the africanization of the national culture.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (1044 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 766-794

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (Paris).
  • PEB soumis à condition
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