La construction intellectuelle du socialisme réformiste en France de la Commune à la Grande Guerre

par Emmanuel Jousse

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Marc Lazar.

Le président du jury était Jean-François Chanet.

Le jury était composé de Marc Lazar, Jeremy Ralph Jennings, Christophe Prochasson, Juliette Grange.

Les rapporteurs étaient Jeremy Ralph Jennings, Christophe Prochasson.


  • Résumé

    La thèse examine les idées du socialisme réformiste en France et leur formation de 1871 à la Première Guerre mondiale. Il s'agit d'abord établir le socle idéologique des socialistes français après la Commune. L'idée majeure est celle d'une opposition à la société bourgeoise économique avec le collectivisme, sociale avec la lutte des classes, et politique avec la conquête des pouvoirs publics. Les débats sur ces trois idées entraîne la fondation d'un parti ouvrier en 1879, puis des scissions. En 1882, le parti possibiliste reprend le débat, et fait de la réforme le principe à partir duquel la société doit être bouleversée, légitimant la participation électorale et l'action municipale. La Revue socialiste approfondit la réflexion sur le socialisme et les réformes, synthétisée par Benoît Malon dans le "socialisme intégral" La crise boulangiste en 1887-1889 modifie cette configuration, en amenant une partie des socialistes à soutenir la République.Entre 1893 et la fin du siècle, le réformisme, dans un contexte renouvelé, est porté par Alexandre Millerand qui fédère les socialistes et fonde l'unité sur les principes réformistes. Cette tentative n'aboutit pas, mais elle permet à Millerand de formuler les principes fondant son action au Ministère du Commerce entre 1899 et 1902. Cette participation ministérielle ouvre un débat violent dans le socialisme français. Finalement, c'est l'Internationale qui amène l'unité en 1905, aboutissement qui condamne politiquement le réformisme. Celui-ci survit, malgré tout, sous la forme d'une tradition portée dans la Revue socialiste. Elle est finalement reprise en 1910, par Albert Thomas. Le réformisme devient alors une tendance au sein de la SFIO.

  • Titre traduit

    The intellectual building of reformist socialism in France, from the Commune to the Great War


  • Résumé

    This disseration aims at analysing the ideas of reformist socialism in France. At first, it was necessary to define the intellectual grounds on which French socialists could organise their action, after the Commune. Their main idea was the radical opposition towards the bourgeois society, and three main elements were conceptualised: an economic element, first, with collectivism, a social element, then, with class struggle, and a political element, with the fight for power. Debating these three items was a long process, and it finally explained the foundation of the first socialist party in France, in 1879, and its divisions. In 1882, the parti ouvrier developped the previous ideas, and the reform was defined as a principle by which socialism could overthrow the bourgeois society from within. At the same time, the Revue Socialiste deepened its reflection on reforms, and Benoît Malon gave a synthesis of his conception in "Socialisme intégral". The boulangist crisis in 1887-1889 modified this configuration, by forcing these socialits to support the Republic. Between 1893 and the end of the century, reformism was led by Alexandre Millerand, who gathered socialists under one progrem defined in 1896. This attempt was a failure, but it contributed to define the main features of Millerand's action as a Minister of Trade between 1899 and 1902. This participation to the government opened a violent debate among French socialism, At last, the International ordered the unification of French socialists in 1905, and it seemed to be the political condemnation of reformism. But this trend did subsist in the Revue socialiste, as an intellectual tradition, used after 1910 by Albert Thomas.


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