Être socialiste dans l'Algérie coloniale : pratiques, cultures et identités d'un milieu partisan dans le département d'Oran, 1919-1939

par Claire Marynower

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Marc Lazar.

Le président du jury était Omar Carlier.

Le jury était composé de Marc Lazar, Raphaëlle Branche, Frédéric Monier, James McDougall.

Les rapporteurs étaient Raphaëlle Branche, Frédéric Monier.


  • Résumé

    Ce travail s’intéresse au milieu des militants de la SFIO dans le cadre du département d’Oran dans l’entre-deux-guerres, dans une « approche sociétale » qui dépasse les frontières du parti pour s’intéresser à son inscription dans l’environnement. L’évolution idéologique du groupe mise en lumière – le passage d’une réticence extrême face au nationalisme à une ouverture aux revendications des organisations de la population colonisée créées à cette époque, Association des ‘ulamā musulmans et Fédération des élus musulmans en tête – est restituée dans ses multiples réalités, politique mais aussi culturelle, sociale et sociabilitaire. Le changement des discours et des idées fut en effet à la fois accompagné et permis par une évolution des pratiques, des langues utilisées à la façon de mobiliser en passant par le vêtement, aussi bien que par celle des identités, avec l’entrée de militants issus de la population colonisée à la SFIO mais aussi l’évolution des réseaux militants, rapprochant le Parti socialiste des organisations revendicatives algériennes. Les principales conclusions de ce travail permettent d’élargir les récits du nationalisme algérien, en prenant en compte les transferts réciproques, organisationnels et théoriques, entre la gauche française et les premières organisations politiques algériennes. Elles éclairent aussi notre compréhension des sociétés coloniales, en montrant comment le Parti socialiste fut au cœur, en Algérie, d’une « transaction hégémonique impériale » : tout en contestant la façon dont la colonisation française fonctionnait, il en assura paradoxalement la solidité, en faisant vivre le langage, largement fictionnel, de l’assimilation, par delà la frontière coloniale.

  • Titre traduit

    Being a socialist in colonial Algeria : practices, cultures andidentities of a political milieu in the Oran Department, 1919-1939


  • Résumé

    My dissertation deals with the French Socialist group in the Western department of Algeria, Oran, during the interwar period. At first very reluctant about any proposition that could be considered similar to nationalism, this group progressively opened up to wider views: in the mid 1930s, it included a significant number of Algerian members and had added some of the major claims of the proto-nationalist movements to its political platform – mainly those of the Federation of Muslim elected representatives and the Association of Algerian Muslim ‘Ulamā. The process of cultural change in the Oran socialist milieu was accompanied and facilitated by mutations in both the socialist practices and sociability. Thus socialist ways of operating – mobilizing, campaigning and demonstrating – evolved: during the 1930s, the Socialists increasingly positioned themselves to attract the native Algerian population. But socialist ways of being – identities and social configurations – also mutated considerably, as the Socialist Party grew closer to the Algerian proto-nationalist organizations. The Socialist Party in Algeria can be understood as constituting an interstitial world, challenging the binary division of colonial societies into colonizing and colonized populations. The socialist activists of the Oran region challenged the “colonial border” in a significant albeit limited way. They opened a dialogue around the idea of colonial reform in a coercive context and constituted a “hegemonic imperial transaction”. The study of this short-lived community challenges the historiography as it analytically recalibrates the genesis of Algerian nationalism, taking into account a form of “colonial encounter” with the French left.


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