Les "talibés" du Sénégal : une catégorie de la rue, prise entre réseaux religieux et politiques d'action humanitaire

par Joanne Chehami

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Jacques Barou.

Le président du jury était Dominique Glasman.

Le jury était composé de Jacques Barou, Suzanne Lallemand.

Les rapporteurs étaient Olivier Leservoisier, Abdel Wedoud Ould Cheikh.


  • Résumé

    La perpétuation de l'islam sénégalais repose en grande partie sur l'enseignement musulman, traditionnellement réalisé dans des écoles coraniques (daara) par des maîtres reconnus pour leurs compétences religieuses. Des enfants leur sont confiés par leur famille, souvent pauvre en milieu rural. Une partie de ces écoles migre pour s'installer en ville, suite à divers bouleversements socio-économiques subis par le Sénégal depuis une quarantaine d'années. Certains de ces élèves deviennent alors des taalibe-mendiants : la quête majoritairement monétaire qu'ils pratiquent et les rapports entretenus avec leur maître sont basés sur des principes culturels et cultuels anciens, ayant muté depuis quelques décennies. L'élève coranique se situe au centre de différentes sortes d'échanges de prestations et de dons sur fond de baraka (grâce divine). Ce travail de recherches se propose d'expliciter les stratégies élaborées par les multiples acteurs sociaux – maîtres, chefs religieux, parents, population donnant l'aumône (sarax) suite à l'injonction d'un marabout devin/guérisseur…– interagissant dans ce phénomène, afin de comprendre les changements problématiques subis par ce type d'enseignement. L'utilisation de la théorie du don initiée par Mauss permet d'analyser l'évolution de la fonction sociale du taalibe-mendiant, qui ne doit pas être confondu avec un faxman (enfant des rues), présent lui aussi au Sénégal.

  • Titre traduit

    Senegalese "talibe" : a street category caught between religious networks and humanitarian policies


  • Résumé

    The perpetuation of Senegalese Islam is based in major part on Muslim teaching, traditionally fulfilled in Koranic schools (daara) by masters acknowledged for their religious skills. Children are entrusted to them by their families, often poor in rural environments. A certain amount of these schools migrate to settle in the city, due to various socio-economic changes experienced by Senegal in the last forty years. Some of these students then become taalibe-beggars: the quest mostly monetary they practice and the relationships maintained with their masters are based on ancient cultural and religious principles having mutated in recent decades. The Koranic student is at the center of various kinds of service and gift exchanges based on the baraka (divine grace) principle. This research aims to explain the different strategies developed by the multiple social actors – teachers, religious leaders, parents, people giving alms (sarax) following the injunction of a marabout diviner/healer ... – interacting in this phenomenon, so as to understand the problematic changes went thought by this type of teaching. The gift theory thought out by Mauss permit to analyze the taalibe-beggar social functions' evolution, which should not be confused with a faxman (children of the streets), also present in Senegal.


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