The emergence of bhikkhunī-saṅgha in Thailand : contexts, strategies and challenges

par Ayako Itoh

Thèse de doctorat en Religions et systèmes de pensée

Sous la direction de Olivier de Bernon.

Le président du jury était Vincent Goossaert.

  • Titre traduit

    L'émergence de bhikkhunī-sangha en Thaïlande : contextes, stratégies et défis


  • Résumé

    On témoigne un nombre important de chercheurs thaïlandais et occidentaux qui ont débattu du caractère légitime ou non de l’émergence d’un bhikkhunī-saṅgha de tradition Theravāda, depuis l’Ordination Mineure (pabbajjā) de la Vénérable Dhammanandā en 2001. En revanche, on a porté peu d’attention à la vie, à la pratique, aux motivations et au discours tenu par un nombre croissant de ces femmes qui reçoivent l’Ordination Mineure et même l’Ordination Majeure (upasampadā), de même qu’on n’a peu porté attention au contexte dans lequel leur choix individuel s’est déterminé et réalisé au cours de la dernière décennie. L’interdiction de conférer une ordination monastique à des femmes pour qu’elles deviennent sāmaṇerī ou bhikkhunī, affirmée en 1928 par le Suprême Patriarche du saṅgha Thaï, est toujours en vigueur. Pourtant, il y aurait à ce jour 31 bhikkhunī et 37 sāmaṇerī en Thaïlande. En outre, entre 2008 et 2011, 250 femmes ont pris la robe de façon temporaire en tant que sāmaṇerī au Wat Songdhammakalyani – le monastère de Bhikkhunī Dhammanandā dans la province de Nakhon Pathom, à l'ouest de Bangkok – et 76 autres femmes ont étés ordonnées au Centre de Méditation de Nirotharam, à Chiang Mai, où l'auteur a conduit la plus grande partie de son travail de terrain. L’acceptation de l’Ordination Mineure et de l’Ordination Majeure, même si elles demeurent officieuses, conférées à des femmes par une fraction de la société, reflète l’existence de dissonances dans l’identité même de la tradition Theravāda Thaï, en même temps que l’extension réelle d’un phénomène qui concerne tous les acteurs du Bouddhisme Theravāda. La présente recherche ne prétend pas se prononcer sur la légitimité de l’émergence d’un bhikkhunī-saṅgha ni, au contraire, sur la déviance qu’elle représenterait du point de vue traditionnel du Bouddhisme Theravāda thaïlandais. Elle prend acte d’un phénomène existant qui constitue un objet d’étude, et essaye de comprendre qui sont ces femmes bouddhistes qui semblent prendre des sentiers subversifs consistant à devenir bhikkhunī. Elle examine comment un bhikkhunī-saṅgha a commencé d’exister de facto et à s'ancrer dans la société et quelle est, enfin, la base de son acceptation sociale. En découvrant l’histoire personnelle de ces femmes qui reçoivent l’ordination, leur vie quotidienne et les réseaux laïcs et monastiques qui les soutiennent, on comprendra que le contexte sur lequel se déploie ce phénomène ne peut en aucune façon se réduire aux discours féministes sur l'égalité des genres mais qu’il est plutôt le résultat d'un dialogue complexe et permanente entre la société Thaï et le Bouddhisme Theravāda dans un monde en constante globalisation


  • Résumé

    An important number of Thai as well as Western scholars have debated over the legitimacy, or lack thereof, of the emergence of the defacto bhikkhunī-saṅgha in the Theravāda tradition, especially since the taking of Lower ordination, or pabbajjā, of Bhikkhunī Dhammanandā in 2001. At the same time, little attention has been paid to the lives, practice, motives and discourses of the growing number of women who are actually taking pabbajjā and upasampadā, Higher ordination, and the contexts in which their individual choices have been made and carried out during the past decade. The interdiction to ordain women for sāmaṇerī or bhikkhunī as proclaimed in 1928 by the Supreme Patriarch of the Thai saṅgha is still theoretically in effect today. Yet, the latest numbers show that there are currently 31 bhikkhunī and 37 sāmaṇerī throughout Thailand. Moreover, from 2008-2011 250 women took temporary sāmaṇerī-hood in Watr Songdhammakalyani, the monastery of Bhikkhunī Dhammanandā in Nakhon Pathom province, west of Bangkok, and 76 women in the Nirotharam Meditation Center in Chiang Mai City, where the author conducted most of her fieldwork. However unofficial, the acceptance of females taking both Lower and Higher ordination by a certain segment of society reflects the existing dissonance over the identity of contemporary Thai Theravāda tradition, and the expansion of such phenomenon, which concerns all stakeholders of Theravāda Buddhism. This study does not aim to argue whether the emerging bhikkhunī-saṅgha is legitimate or deviant from the traditional viewpoint of Thai Theravāda. It takes the existing phenomenon as an object of study and tries to understand who these Buddhist women are who are seemingly on a subversive path, what it means for them to become bhikkhunī, how the defacto bhikkhunī-saṅgha started to take root, and what the grounds are for its social acceptance. Unveiling life histories of these women, their everyday life, and their lay and monastic networks lead us to have a grasp that feminist discourses on gender equality can hardly explain the full context behind this phenomenon, but is rather the result of a more complex and historical dialogue between Thai society and Theravāda Buddhism in an ever-globalizing world

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 2 vol. (243, 500 f.-[2] f. de pl.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 466-500 . Notes bibliogr. Glossaire.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : École pratique des hautes études. Service commun de la documentation, des bibliothèques et des archives.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : DOC 13-15 (1-2)
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.