Peut-on enseigner la présence scénique? Delphine Eliet, une pédagogue à la croisée des théories de l'art du jeu qui ont marqué le XXème siècle théâtral

par Keti Irubetagoyena

Thèse de doctorat en Études théâtrales

Sous la direction de Jean-Loup Rivière.

Le président du jury était Mireille Losco-Lena.

Le jury était composé de Jean-Loup Rivière, Mireille Losco-Lena, Jean-François Dusigne, Jean-Louis Besson.

Les rapporteurs étaient Jean-François Dusigne, Jean-Louis Besson.


  • Résumé

    La présence scénique est une notion complexe du jeu de l’acteur. Pomme de discorde, elle fait s’affronter, schématiquement, les partisans du don et ceux de la technique, les défenseurs de l’énergie contre les stratèges de la réception spectatrice. Il est pourtant une évidence : il ne peut y avoir de présence scénique en soi. Constantin Stanislavski parle d’un « charme scénique » à l’origine d’un « enchantement », d’une « emprise sur l’auditoire »1 . La présence de l’acteur est décrite comme un pouvoir que ce dernier a sur les sens des spectateurs – pouvoir voilé du mystère dont les mots « charme » et « enchantement » sont empreints. L’acteur n’est présent que dans la réception qu’a le spectateur de sa performance, un truisme, certes, mais qui n’est pas sans conséquences. Sans nier l’évidence d’un don chez les acteurs que l’on dit nés, peut-on considérer la possibilité d’une présence scénique qui, en tant que coprésence, puisse faire l’objet d’une construction ? Partant de l’analyse spectatrice et pratique de la pédagogie de Delphine Eliet à l’École du Jeu, hypothèse est faite qu’une présence scénique pourrait être construite par l’acteur au moyen d’un usage conscient et maîtrisé de cet ici et maintenant qui fait du théâtre un art vivant dont il est l’agent fondamental, usage touchant tous les niveaux du jeu, du muet être-là au projet artistique le plus complet. 1-Cf. STANISLAVSKI, Constantin, La Construction du personnage, traduit de l’anglais par Charles ANTONETTI, Éditions Pygmalion – Gérard Watelet, 1988, pp. 275-176.

  • Titre traduit

    Can presence on stage be taught ? Delphine Eliet, a teacher at the intersection of the acting theories that marked the 20ieth century in theater


  • Résumé

    Presence on stage is a complex notion of the actor's performance. It confronts those in favor of the gift and those of the technique, champions of energy against strategists of the audience's reception. Yet, there is an evidence: no presence on stage can exist in itself. Constantin Stanislavski talks about a «scenic charm» from which comes an «enchanment», an «influence on the audience»1. The presence of the actor is described as a power the latter has on the senses of the spectators – power colored of the mystery contained in the words «charm» and «enchanment». The actor's presence only exists through the reception of his acting by the audience, an obvious fact, of course, but not without consequences. Without denying the gift of the so called born actors, is it possible to imagin presence on stage which, as co-presence, could be the object of a construction? Based on the analysis of Delphine Eliet's pedagogy at Ecole du Jeu, both as a spectator and a pratician, the hypothesis is made that a presence on stage could be built by the actor through a conscious and controlled use of the here and now that makes theater a living art of which he is the fundamental agent, a use affecting all the levels of acting, from the silent being-there to the most complete artistic project. 1-Cf. STANISLAVSKI, Constantin, La Construction du personnage, traduit de l’anglais par Charles ANTONETTI, Éditions Pygmalion – Gérard Watelet, 1988, pp. 275-176.


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