L'essence du corps. Science et philosophie à l'époque de Spinoza

par Andrea Sangiacomo

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Pierre-François Moreau et de Filippo Mignini.

Le président du jury était Lorenzo Vinciguerra.

Le jury était composé de Lorenzo Vinciguerra, Maria Emanuela Scribano, Daniel Garber.

Les rapporteurs étaient Lorenzo Vinciguerra, Maria Emanuela Scribano.


  • Résumé

    La thèse porte sur le statut du corps dans la philosophie de Spinoza. Une première partie de la thèse reconstruit la façon dont Spinoza thématise la corporéité, à partir du Court Traité et du problème de l’attribution à Dieu d’une nature étendue. En outre, on démontre aussi que la position qu’on trouve dans l’Ethique est le résultat d’un travail intellectuel qui n’était pas encore accompli au début de l’itinéraire de Spinoza. En particulier, on souligne qu’une meilleure réflexion sur les concepts de partie et du tout, sur la nature des passions et sur le concept de détermination sera essentielle à ce développement. Dans la deuxième partie de la thèse, on considère trois milieux de référence pour situer la pensée spinozienne par rapport aux enjeux de la nouvelle philosophie de la nature de la seconde moitié du XVIIe siècle. D’abord, on reconsidère le statut de la seconde partie des Principes de la philosophie de Descartes et on montre l’infidélité de Spinoza à Descartes sur plusieurs points. Il s’agit d’une infidélité systématique qui témoigne de l’effort spinozien pour donner une cohérence à l’usage du concept cartésien le plus ambigu, celui de détermination. Ensuite, on montre que tout en essayant de poursuivre dans cette ligne, Spinoza peut avoir trouvé chez Hobbes des instruments intellectuels importants. Il s’agit surtout de l’usage que Hobbes fait du concept de mouvement comme véritable essence de tout phénomène physique, dont résulte sa conception du conatus. Cependant, on démontre aussi le désaccord entre la conception hobbesienne de la causalité et la position définitive de Spinoza. A ce propos, on propose de reconsidérer la pensée de Robert Boyle comme l’autre source décisive qui permet à Spinoza de développer sa réflexion physique plutôt du coté de l’activité des corps. Ce faisant, on souligne – en troisième lieu – que Spinoza va s’opposer au développement majeur du cartésianisme de ces années, c’est-à-dire l’occasionalisme, surtout dans la forme que lui avait donnait Arnold Geulincx.

  • Titre traduit

    The essence of body. Science and Philosophy at the age of Spinoza


  • Résumé

    My dissertation examins Spinoza’s account of bodies. I devote the first part of my dissertation to investigating how and why issues linked to the concept of body and, more generally, to physics, become real problems for Spinoza. This leads to the important result of reevaluating the first steps of Spinoza’s philosophical career. I stress the theological context in which, in the Short Treatise (1661 c.a.), the concept of body appeared for the first time as a challenge. How is it possible to demonstrate that the extension is an attribute of God and thus that finite bodies are modifications of God’s infinite substance? In order to answer this question, Spinoza will be forced to work out different further conceptual tools, most notably the mereological part/whole distinction, the status of natural law and the conatus doctrine. My chronological approach shows that the achievements we find in the Ethics (1675) are only the last and most consistent version of Spinoza’s philosophy, which underwrite several major changes through his development. This methodological approach allows us to appreciate several key shifts in Spinoza’s position and thus to frame in a more determinate way the problem of his sources. Firstly, I address the highly debated question of the dependence of Spinoza’s physics on Descartes’ own project. I focus on Spinoza’s attempt to make coherent Descartes’ use of the concept of determination, which turns to be crucial for Spinoza’s own account of physical interactions. As a second step, I explore Spinoza’s relationship with two key figures of the English Modern culture in the pre-Newtonian period: Thomas Hobbes and Robert Boyle. I stress Spinoza’s debt with Hobbes but also the discrepancies between their accounts of causal interactions. In that view, I underline that Robert Boyle provides an important framework to understand Spinoza’s ontology of activity. As a third and final step, I compare Spinoza’s own evolution with the rise of Occasionalism, which was at the same time a chronologically parallel, but philosophically opposite development of Descartes’ project.

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