Le refus de la violence : vies de femmes, entre l'Algérie et la France

par Clotilde Lebas

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Didier Fassin.

Soutenue en 2013

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    S'appuyant sur une enquête ethnographique menée en France et en Algérie, cette thèse croise trois champs de la recherche anthropologique : le genre, la violence et la migration. Construite en trois temps, elle s'intéresse à la reconfiguration de vies irrémédiablement transformées par le refus de la violence conjugale. Interrogeant les logiques de l'incorporation des assignations, la première partie montre que dans l'Algérie post-coloniale la majeure partie des femmes anticipe le moindre de leur geste et mesure le moindre de leur déplacement. Dès lors, elles font avec les assignations. Pour des femmes refusant la violence, la seule issue est donc la fuite. La seconde partie se saisit alors des tentatives déployées par ces femmes pour reprendre place dans une société, montrant que la reconfiguration de leur existence est prise dans des logiques conservatrices. D'une part, en Algérie comme en France, le sens de leur fuite est inséré dans une catégorie préexistence, celle des victimes. D'autre part, elles sont reléguées dans la sphère de la domesticité pour survivre. Bien que leur fuite n'ait pas entraîné de transformations radicales de l'ordre social, de micro déplacements opèrent à plus petite échelle. Ce sont ces changements dans la qualification d'elles-mêmes que la dernière partie interroge. Elle propose ainsi des figurations des corps féminins non plus objets de désirs masculins d'appropriation mais sujets de désirs et de projections dans l'avenir. A prtir des multiples bifurcations empruntées par des vies malmenées par l'autorité et la brutalité masculines, cette thèse livre ainsi une exploration de la mémoire de corps qui portent en eux le résidu des technologies de genre.


  • Résumé

    Based on an ethnographic enquiry, realized in France and Algeria, the present study intertwines three anthropological fields of interest: gender, violence, migration. Articulated in three parts, this work questions the reconfiguration of the irremediably transformed lives of women, consequence of the refusal of violence. Questioning the embodiment process of gender assignments, the first part shows that in post-colonial Algeria most of the women have to forseen the slightest of their action and to estimate before moving themselves in public spaces. Therefore, they have to make do with gender assignments, the only way out for women that didn't accept conjugal violence was migrating to a big city or to France. The second part concentrates on the attempts made by these women to regain a place in society, demonstrating that the reconfiguration of their existence is subject to a conservative way of thinking. On the one side, the meaning of their escape is caught through the pre-existent categorization of victims, both in France and in Algeria. Ont he other side, they are relegated to the domestic sphere for their economic survival. Even though their departure didn't provoke radical changes in the social order micro changes did occur on a small scale. The third part thus analyses the changes in their appreciations of themselves. Then, it suggests ways to figure the feminine body not as a masculine object of desire but as a subject of desire and a project of the future. Through the many twists and turns of these manhandled lives, subject to masculine authority, this work explores the memories of the bodies, who bear inside themselves residues of gender technologies.

Autre version

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2014 par [CCSD] [diffusion/distribution] à Villeurbanne

Le refus de la violence : vies de femmes, entre l'Algérie et la France

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  • Détails : 1 vol. (307 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 264-293

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