De l’altérité coloniale à l’anthropologie de soi : terrains de savoirs en Kabylie

par Michèle Sellès Lefranc

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de François Pouillon.

Soutenue en 2013

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    La capacité des autochtones à garder la maîtrise de leurs références et pratiques culturelles dans une situation coloniale est marquée en Kabylie par la résistance à l’assimilation à la culture du colonisateur. Elle est illustrée par la chaîne de précurseurs de la construction de l’identité culturelle née dès avant l’indépendance de l’Algérie. Retracer sa généalogie exige d’étudier les différents contextes, modalités et acteurs de l’élaboration croisée de savoirs multidisciplinaires, depuis les voyageurs du XVIIIe siècle, les interprètes et officiers des Bureaux arabes, les savants marginaux de l’Université d’Alger, les instituteurs et administrateurs, jusqu’aux ethnographes de la période coloniale et aux premiers écrivains kabyles francophones. Le « mythe kabyle » selon la formule de Ch. -R. Ageron largement répandue depuis dans la communauté scientifique, ne rend finalement pas compte de l’irrédentisme d’un farouche sauvage, d’un nationaliste radical, d’un féminin inconnaissable. L’altérité indigène communiquée par les monographies des archives coloniales contredit la supposée assimilation d’une région à l’organisation administrative française. La femme kabyle a été elle aussi l’enjeu de débats contradictoires au sein même de l’élite kabyle. De la période orientaliste du début de l’Université d’Alger, consacrée à la langue et à l’ethnographie, jusqu’à la littérature écrite après la seconde guerre mondiale, l’analyse de modes variés de réappropriation de savoirs sur soi éclaire, au-delà de la violence coloniale et postcoloniale, la singularité de la fabrication d’une anthropologie de soi qui excède la transmission autochtone d’une culture régionaliste.


  • Résumé

    The ability of the natives to maintain control of their cultural references and parctices in a colonial situation was characterized in Kabylia by resistance to assimilation in the culture of the colonizer. This is illustrated by the chain of precursors in the construction of cultural identity which emerged even before the independence of Algeria. Tracing its genealogy requires studying the different contexts, methods and actors in the development of cross-disciplinary knowledge: from the travellers of the 18th century, the interpreters and officers from the Bureaux arabes, the marginal scholars from the University of Algiers, the primary school teachers and administrators, to the ethnographers of the colonial period and the first French-speaking Kabyle writers. The “Kabyle myth”, in the words of Ch. -R. Ageron and widespread in the scientific community, does not ultimately explain the representation of native otherness found in monographs of the colonial archives which contradicts the supposed assimilation of a region to the French administrative organization. The Kbyle woman was also an issue in the contradictory dbates within the Kabyle elite. The analysis of the various modes of reappropriating knowledge, from the Orientalist period with the inception of the University of Algiers, dedicated to language and ethnography, to the native literature after world war II, sheds light, byond the colonial and postcolonial violence, on the singularity of the manufacturing of an invention of self which exceeds the ideal native transmission of a regionalist culture.

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  • Détails : 2 vol. (630 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 587-628

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