Le laboratoire de la nécessité : économistes, institutions et qualifications de l'économie

par Thomas Angeletti

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Luc Boltanski.

Soutenue en 2013

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    À la question de savoir comment un être collectif tel que l'économie a pu voir le jour et éprouver régulièrement son existence, plusieurs propositions peuvent être avancées. Cette thèse entend y répondre en étudiant la contribution des économistes à sa descriptibilité, c'est-à-dire à sa constitution progressive en un domaine sur lequel il est possible d'intervenir et d'agir, mais dont les mouvements peuvent également faire l'objet de mesures et de prévisions, comme s'il était muni de forces propres. Cette thèse repose pour cela sur plusieurs enquêtes mobilisant entretiens, archives et observations ethnographiques. Elle étudie à travers quelques épisodes fondateurs en France au cours du XXe siècle, différentes mises en forme de l'économie. L'analyse débute sur les actions engagées pour faire advenir l'économie comme un domaine d'intervention en tant que tel. Elle se poursuit sur les évolutions planificatrices des années 1960, jusqu'au changement de paradigme des années 1980. En suivant la manière dont chaque épisode participe à donner à l'économie un surplus d'existence, cette thèse montre comment les économistes ont pu occuper, progressivement, une place centrale dans les institutions étatiques. Cette recherche éclaire la façon dont cet accroissement du rôle de l'économie déplace les formes de légitimité sur lesquelles se fondent les régimes politiques, au détriment d'une pratique de la politique appuyée sur la « volonté générale ». Elle rend ainsi compte du processus par lequel les phénomènes économiques ont pu apparaître, progressivement, comme des faits naturels et parfois même comme des faits nécessaires et indépassables

  • Titre traduit

    The Laboratory of the Necessity : economists, institutions and qualifications of the economy


  • Résumé

    Several proposals may be put forward in order to address the question of how a collective being such as the economy emerged and regularly tests its existence. This thesis intends to answer this problem by studying the contribution of the economists to its describability. How the economy has been progressively constituted like an area on which if is possible to intervene and act, but about which one can also measure and predict movements as if was driven by its own forces? ln that purpose this thesis is based on several investigations mobilizing interviews, archives and ethnographic observations. Through a few seminal episodes in France during the 20th century, it studies various layouts of the economy. The analysis begins on the actions taken to bring the economy as a specific area. It continues on planning developments of the 1960s, and on the paradigm shift of the 1980s. By examining how each episode contributes to give to the economy a surplus of existence, this thesis shows how economists have been able to gradually occupy a central place in State institutions. This research shows how the increased role of economics moves the forms of legitimacy underlying political regimes, to the detriment of a policy relied on the "general will". Ft thus reflects the process by which economic phenomena have appeared gradually as natural facts and sometimes even as necessary and unsurpassable facts

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Informations

  • Détails : 1 vol. (516 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 476-501. Notes bibliogr. Index

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2013-128
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