Transporter dit-elle : l'écriture de Marguerite Duras dans les traductions slovaques

par Anna Visnovska

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Sylviane Coyault.

Le président du jury était Régis Gayraud.

Le jury était composé de Bertrand Westphal, Jana Truhlárová, Michel Quereuil, Guy Lavorel, Zuzana Malinowski.

Les rapporteurs étaient Bertrand Westphal, Jana Truhlárová.


  • Résumé

    La présente étude se donne pour but d’analyser l’écriture moderne – palimpseste et hybride – de Marguerite Duras et ses modifications qualitatives dans les traductions slovaques. Le titre de la thèse rend compte des deux lignes de notre réflexion : interprétative (interrogative) de l’original et critique (évaluative) de la traduction. La première partie propose une ouverture théorique à la réflexion sur la traduction littéraire en confrontant les écoles slovaque et française. Nous esquissons les problèmes généraux de l’art de la traduction ainsi que de la réception des textes littéraires. Dans la deuxième partie, nous proposons une lecture interprétative de l’œuvre de Duras. Nous réfléchissons sur le processus de la réception de l’œuvre dans la complexité de ses rapports à des textes antécédents de Duras. Notre lecture est centrée sur les particularités littéraires – stylistiques, esthétiques et narratologiques – qui risquent de se perdre dans la traduction. Dès le premier roman, l’imaginaire de Duras engendre des thèmes, des motifs et des modes d’écriture privilégiés dont le traducteur, dans la perspective d’une lecture empathique, est invité à saisir les constantes et les métamorphoses. De plus, le lecteur-traducteur devrait pénétrer avec Duras dans les sensations de ses narrateurs et de ses personnages. Dans la troisième partie, nous étudions des divergences concrètes entre les traductions slovaques et le texte de départ. Les failles des traductions slovaques tiennent essentiellement à leur négligence des figures de manque. Nous concluons que dans la réécriture slovaque, l’oralité programmée par Duras s’efface : l’émotion palpable dans l’original se dissout dans la cohérence retrouvée du discours. La traduction slovaque restitue l’écriture fragmentaire, mais ne laisse plus sentir l’origine des silences propres à l’écrivaine : l’impuissance à dire ou, au contraire, l’urgence de dire.

  • Titre traduit

    Transport, she said : Marguerite Duras’s writing in slovak translations


  • Résumé

    The present study aims to analyse Marguerite Duras’s writing and its qualitative modifications in slovak translations. This modern (palimpsest and hybrid) writing offers itself to the translator a strategy for the conceptual preparing before writing of the translation. Methodically, we proceed following all the steps in the translator’s work before final writing of his translation. The title of the dissertation anticipates two main exploring perspectives on Duras’s writing : interpretative analysis (investigation) of the original and critical (evaluative) reading of the translation. We focus on the reading process of the work in its complex relationship to earlier Duras’s texts. The first part offers a theoretical opening reflection on translation of literary works as well as the comparing of the Slovak and French schools. We analyse the general problems of the art of translation and reading of literary texts. The second part questions the stylistic, aesthetic and narratological aspects of Duras’s writing which may be lost in the translation. The imagination of the author creates topics, motifs and preferred writing strategies which the translator, in the perspective of an empathic reading, is supposed to capture in all their variations. In the reading process, the translator as a reader is invited to enter with Duras into the sensations of her narrators and characters. In the third part, we study the actual differences between slovak translations and the original text. At the end of our study, we found out that in the Slovak rewriting, the oral style fades seriously: the emotion which is palpable in the original dissolves in the established coherence of discourse. Slovak translations restore the fragmentary writing, but they don’t allow to feel and understand the reasons of writer’s silence and empty spaces: her powerlessness to say or, on the contrary, her urgent need to say.

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