Le Saint-Siège et la Mittel-Osteuropa à travers les rapports des ambassadeurs autrichiens au Vatican de 1946 à 1958/61.

par Thomas Gronier

Thèse de doctorat en Histoire - Cergy

Sous la direction de Gérard Bossuat et de Michael Gehler.

Le président du jury était Antoine Marès.

Le jury était composé de Renate Soellner.

Les rapporteurs étaient Catherine Horel.


  • Résumé

    La Mittel- Osteuropa constitue à la fois un espace géographique et une construction historico-culturelle. Cet espace est formé de plusieurs pays qui ont appartenu à l'empire austro-hongrois et dont la religion catholique majoritaire représente un critère d'unité.La catholicité de cet espace justifie l'intérêt que le Saint-Siège porte à la plupart de ces pays qui deviendront après 1945 des satellites de l'Union soviétique. Les régimes d'inspiration communiste combattront l'autorité spirituelle de Rome, exerceront le contrôle de la vie religieuse et restreindront ainsi les libertés confessionnelles.Face à cette politique antireligieuse et à ce contrôle étroit de la sphère religieuse, le Saint-Siège se devait de réagir et de développer une stratégie de contre-offensive. Dans cette optique, l'Autriche a joué un rôle important dans les orientations de politique étrangère et religieuse du Vatican. Le pays avait encore de nombreux contacts avec les anciens pays de la monarchie des Habsbourg dont la fin était relativement proche. Par ailleurs, Vienne occupe une position avancée en Europe centrale. L'expérience centre-européenne riche de l'Autriche tant sur un plan culturel que linguistique représentait un bien précieux pour la Rome papale, pour qui Vienne pouvait servir de porte d'entrée vers la Mittel- Osteuropa.Le pape Pie XII a parlé d'une mission historique de l'Autriche qui sera considérée comme un phare catholique face à un océan marxiste athée. Malgré cette identité d'intérêts, les relations entre l'Autriche et le Vatican n'ont pas été exemptes de tensions, particulièrement à cause de la controverse sur la remise en vigueur du concordat de 1933. La question du mariage devient un élément de crispation, d'autant plus que la société autrichienne de l'après-guerre était déjà plus sécularisée que celle de l'entre-deux-guerres.L'Autriche saura tirer des avantages spécifiques de la neutralité qui lui a été imposée en échange de sa souveraineté retrouvée. La « neutralité active » va lui permettre de mettre en œuvre une Ostpolitik dans laquelle l'Eglise prendra une place importante qui apparait clairement dans différents exemples : le voyage d'un théologien de l'université de Graz en Union soviétique en 1955, et plus tard les visites du cardinal Franz König aux épiscopats derrière le rideau de fer mais aussi la création de la fondation Pro Oriente en 1964.La guerre froide fut avant tout un conflit idéologique entre deux systèmes très différents tant sur le plan social que politique et économique, avec le capitalisme ou le libéralisme d'une part, et le communisme ou le socialisme d'autre part. En outre, un autre conflit idéologique est aussi apparu entre le catholicisme romain et le communisme athée, deux systèmes de pensée totalement opposés. Le Saint-Siège devint alors un acteur de la guerre froide. Pie XII défendait l'idée que « le communisme est intrinsèquement pervers et l'on ne peut admettre sur aucun terrain de collaboration avec lui ». Pourtant, il existait par la force des choses des relations entre les communistes et l'Eglise catholique dans les pays situés derrière le « rideau de fer ».La Curie romaine n'était pas toute entière hostile au dialogue avec les communistes. Abstraction faite d'un climat d'intransigeance doctrinale, il se trouvait aussi des prélats qui pensaient que toutes les portes du dialogue ne devaient pas rester irrémédiablement fermées. Les années d'après-guerre renvoient aussi à une période de renouvellement de la pensée chrétienne sur les plans philosophique, théologique et social. Les tendances à l'ouverture, annonciatrices d'un « printemps religieux », se heurtaient toutefois à la raideur dogmatique de la Curie romaine sous Pie XII.Les rapports des ambassadeurs autrichiens au Saint-Siège de 1946 à 1958/61 fournissent des informations précieuses sur les grandes thématiques du conflit Est-Ouest, qui touchaient d'une part les relations entre le Vatican et l'Autriche, et d'autre part le Vatican

  • Titre traduit

    The Holy See and the Middle and Eastern Europe through the reports of the Austrian ambassadors in the Vatican between 1946 and 1958/61.


  • Résumé

    Mittel- and Osteuropa form a geographic region and also a historical and cultural construct. This area consists of several countries that were part of the Austro-Hungarian Monarchy. Their predominant Catholic religion represented a criterion of unity.The Catholic character of this region justifies the interest which the Holy See had in the majority of these countries that became, after 1945, satellite states of the Soviet Union. The regimes shaped by the ideology of communism fought against the spiritual supremacy of Rome, control religious life and thus limit the denominational freedoms.The Holy See reacted to these anticlerical policies and to the rigid control over religious spheres by developing counter-strategies. In this respect, Austria has played an important role in conception of the foreign and church policies of the Vatican. It still had numerous contacts in the countries of the former Austro-Hungarian Monarchy, which had ended not such a long time ago. Vienna had a leading role in Central Europe. Austria's numerous cultural and linguistic experiences in Central Europe represented a treasure to Papal Rome intending to use Vienna as a door opener towards Mittel- Osteuropa .Pope Pius XII spoke of Austria's historic mission, which was considered the flagship Catholic country against the "atheist" and "Marxist ocean". Despite this identity of interests, relations between Austria and the Vatican were not free of tensions, particularly due to the controversy of entry into force of the Concordat of 1933. The question of marriage was another disturbing factor, since the post-war Austrian society was already more secularized than the interwar period society.Austria took specific advantages of the neutrality, which it had acquired in exchange for the regained sovereignty as an obligation. The "active neutrality" allowed an Ostpolitik in which the Catholic Church occupied an important place, which became clear by the examples of the journey of a theologian at the University of Graz in the Soviet Union in 1955, much later by the visits of Cardinal Franz König at the episcopates behind the Iron Curtain, but also by the creation of the Pro-Oriente Foundation in 1964.The Cold War was primarily an ideological system conflict between two very different social, political and economic camps, capitalism or liberalism on the one hand and communism or socialism on the other. In addition, there was the ideological conflict between Roman Catholicism and the atheistic Marxism - two completely opposite doctrines. The Holy See became a actor in the Cold War. Pius XII advocated the view that “Communism is intrinsically wrong, and no one may collaborate with it in any undertaking whatsoever”. Nevertheless, there were inevitably relations between the Communists and the Catholic Church in the countries behind the "Iron Curtain".The Roman Curia was not unanimously against a dialogue with the Communists either. Apart from a doctrinal intransigence there were prelates who had the opinion that not all doors of dialogue should be closed. The post-war years also reflect a renewal period of Christian thought on a philosophical, theological and social level. These opening trends, - signs of a future "religious spring" -, however, encountered the resistance and the dogmatic rigidity of the Papal Curia under Pope Pius XII.The Austrian ambassadors' reports to the Holy See from 1946 to 1958/61 provide valuable information about the major themes of the East-West conflict, that concerned, on the one hand, the relations between the Holy See and Austria, and on the other hand the Vatican and its relationship with Mittelosteuropa. The analysis and presentation of the reports form the basis of this work and examine the view of the Vatican not only on Austria but also on Mittelosteuropa during this politically highly tense period. The arrival of John XXIII as Pope in 1958 opens a new chapter of the Church in the Cold War. The Holy See turned into an a

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