Education et discipline au collège

par Alain Garcia

Thèse de doctorat en Sociétés, Politique, Santé publique. Sociologie

Sous la direction de François Dubet.

Le président du jury était Olivier Cousin.

Le jury était composé de François Dubet, Pierre Merle.

Les rapporteurs étaient Anne Barrère, Catherine Debarbieux Blaya.


  • Résumé

    Dans les collèges français, la question de l’éducation fait l’objet d’un traitement assez sombre : au niveau statutaire, elle marque en effet le faible prestige de certains personnels, ou de certaines matières enseignées. C’est le cas des conseillers et assistants d’éducation, ou, sur un autre plan, de l’éducation artistique, de l’éducation civique ou de l’éducation physique et sportive. La connotation négative de l’éducation apparaît aussi dans les discours quotidiens, enclins à dénoncer des carences. L’écart social entre les membres des classes moyennes cultivées et leurs élèves ne prédit pas, cependant, le niveau de tension. La construction d’un climat d’établissement joue en effet une fonction importante ; en second lieu, les situations éducatives les moins aisées obligent précisément à réfléchir en termes éducatifs. Il en ressort souvent un meilleur climat que dans des établissements peu exposés. Dans l’imaginaire des professionnels, le collège n’aurait d’autre but que d’organiser la succession de cours entre enseignants savants et apprenants captivés. Depuis les débuts de la massification, les professeurs appliquent en réalité des pédagogies « bricolées », sans rapport avec les principes idéels. Malgré ces adaptations officieuses, les collégiens sont pénalisés par la segmentation des cours, l’étouffement de l’esprit critique, la faible intégration éducative et la relégation du « sale boulot » de discipline. Dans les établissements favorisés, l’insuffisance démocratique incite plutôt à l’utilitarisme, et au développement d’une culture juvénile anti-scolaire ; dans les collèges populaires, les élèves en échec peuvent aussi opposer une violence.

  • Titre traduit

    Education is discipline in french colleges


  • Résumé

    In French colleges, the issue of education is poorly treated : at the statutory level, it marks the low prestige of certain personnel, or certain subject matter being taught. This is the case with counsellors (conseillers d’éducation) and teaching assistants (assistants d’éducation) or, on another level, with arts education, civic education or physical education. Education’s negative connotation is confirmed in people’s discourse, which is inclined to report deficiencies. The social gap between members of the cultivated middle class and their students does not, however, predict the level of tension. First, the construction of a school environment indeed plays an importance role ; what’s more, the most difficult educational situations are precisely the ones that require us to think in educational terms. The result is often a better environment than in institutions with little exposure to difficulties. In the minds of professionals, French colleges have no other purpose than to organise the succession of courses between scholarly teachers and captivated learners. From the beginning of mass schooling, teachers actually apply “tinkered” pedagogies, unrelated to imaginary principles. In spite of these unofficial adaptations, students suffer from the segmentation of courses, the stifling of critical thinking, poor educational integration and the relegation of disciplinary “dirty work”. In privileged establishments, the democratic deficit rather encourages utilitarianism, and the development of an anti-school youth culture ; in lower class French colleges students who are failing may also resist through other forms of violence.


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