L'art transgressif du graffiti : pratiques et contrôle social

par Nicolas Mensch

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Gilles Ferréol.

Soutenue le 05-12-2013

à Besançon , dans le cadre de Ecole doctorale Langages, Espaces, Temps, Sociétés (Besançon) , en partenariat avec Laboratoire culture, sport, santé, société (C3S) (Besançon) (laboratoire) et de Laboratoire culture, sport, santé, société (laboratoire) .

Le président du jury était Armel Huet.

Le jury était composé de Gilles Ferréol, Armel Huet, Joëlle Deniot, Brigitte Munier, Jean-Yves Causer, Antigone Mouchtouris.

Les rapporteurs étaient Joëlle Deniot, Brigitte Munier.


  • Résumé

    Le graffiti hip-hop est un objet d’étude à la croisée de la sociologie urbaine, de l’art, de la jeunesse et du droit. Autour de cet objet, les représentations divergent, entre art et vandalisme. L’hypothèse ici retenue est que, sous l’angle des critères permettant d’authentifier la valeur d’un graffiti, la démarche transgressive de son auteur prime autant que ses qualités picturales. Il y aurait une relation dialogique entre pratiques « vandales » et pratiques « artistiques ». Dans un premier temps, cette thèse s’attache à retranscrire comment des jeunes intègrent le mouvement graffiti et quelles en sont les normes. Répandue au sein de divers univers sociaux, cette pratique est un palliatif à des mécanismes d’intégration défaillants et exprime un refus de l’assignation. La transgression intervient comme un moyen de conquérir une place, tant sur les murs que dans l’espace social. L’expérience de l’écart est toujours prise de risque. Hors normes, les graffiteurs sont étiquetés déviants. La seconde partie de ce travail s’attarde sur les liens du graffiti au « sentiment d’insécurité ». Visant à résoudre les problèmes posés, punir, (mé) dire et effacer sont trois verbes qui permettent de décrire la répression ordinaire du graffiti et de ses acteurs. Ces dispositifs ont pour effet de conforter ceux-ci dans leurs engagements. Enfin, la dernière partie traite des liens qui unissent les mondes de l’art au graffiti, de l’inscription de graffiteurs dans des dispositifs de médiation culturelle à leur professionnalisation. Autonomie, expérience et transgression restent invoquées comme critères d’authentification de la valeur « artistique » du graffiti.

  • Titre traduit

    The transgressive art of graffiti : practices and social control


  • Résumé

    Hip-hop graffiti is a study object which mixes urban, art, youth and right sociologies. Concerning this object, representations diverge, between art and vandalism. The assumption is that, in terms of the criteria used to authenticate the value of a graffiti, transgressive approach of the author is as important as its pictorial qualities. There would be a dialogic relationship between “artistic” practices and “vandal” practices. The first part of this thesis explains how teenagers enter the graffiti movement and its standards. This practice is widespread in various social worlds and it palliates failure of integration mechanisms. Graffiti also expresses a rejection of social assignment. Infringment become a way to conquer a place, on walls as in society. Deviance is always risky, graffitists are labeled as being. The second part of this work focuses on the relationship between graffiti and the “feeling of insecurity”. To solve problems, three verbs describe the ordinary repression of graffiti and its actors: punish, discredit and erase. These devices tend to reinforce graffitists in their commitments. The third part shows the links between the worlds of art and graffiti, from the inclusion of graffitists in cultural mediation to their professionalization. Independence, experience and transgression keep invoked as authentication of “artistic” value of graffiti.


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