Faire sa peine à l'établissement pénitentiaire pour mineurs de Lavaur : sociologie des expériences de détention

par Laurent Solini

Thèse de doctorat en Performance motrice, adaptation et sports

Sous la direction de Jean-Charles Basson et de Gérard Neyrand.

Soutenue en 2012

à Toulouse 3 .

  • Titre traduit

    Sociology of juvenile prison


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    Les recherches en sciences sociales s'intéressant à l'univers carcéral semblent, depuis peu, déplacer leur regard vers l'expérience carcérale du détenu dans l'objectif d'analyser son rapport à l'enfermement. L'incarcération constitue alors une épreuve. Le détenu positionné au centre d'un quotidien sous contraintes œuvre à l'amélioration de ses conditions de détention. La situation sociale particulière que constitue la période d'incarcération est alors appréhendée en tant que ligne biographique dominante ramenant à elle tous les autres centres d'intérêts de la vie quotidienne du détenu. Si ce déterminisme de l'incarcération a fait l'objet de recherches s'appuyant essentiellement sur des entretiens biographiques menés avec les détenus, peu d'études se sont intéressées à la manière dont ce rapport particulier à la peine d'emprisonnement se construit, au jour le jour, de surcroit chez une population mineure à l'intérieur d'une prison, présentée par les pouvoirs public comme novatrice : l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Lavaur. Notre travail de recherche porte sur les expériences de détention des mineurs incarcérés à l'intérieur d'un EPM. Une enquête ethnographique menée entre janvier 2008 et juin 2010 à l'EPM de Lavaur permet d'appréhender les expériences de détention au moyen d'une étude approfondie des logiques d'action construites par les détenus durant l'ensemble des temps collectifs mixtes auxquels ils sont sommés de participer. Dès lors, " faire sa peine " s'exprime, à l'EPM de Lavaur, dans l'instauration d'un rapport pratique à l'enfermement. Le détenu œuvre dans le but d'améliorer ses conditions de détention et bricole des espaces de liberté en manœuvrant avec l'hyperactivité forcée que lui inflige l'institution. Prié de partager l'ensemble des activités collectives, le jeune détenu, alors soumis à la surveillance des personnels ainsi qu'à l'observation des détenus (la persistance des regards étant renforcée par la configuration architecturale des lieux ménageant de nombreux espaces ouverts), s'engage dans une mise en scène de soi. Il fait ainsi la démonstration de certaines conduites, produits d'une culture importée en prison, et cherche à en camoufler d'autres dans le but de susciter la reconnaissance des acteurs présents. L'EPM de Lavaur est ainsi envisagé en tant que prison-scène. De ce point de vue, quatre figures de pratiques peuvent être extraites à partir d'une classification des logiques d'action construites par les détenus à l'intérieur des temps collectifs. Elles constituent alors les idéaux-types de conduites renvoyant à la mise en scène de façades personnelles idéalisées, l'adolescent s'attachant à maintenir ou à faire varier des rôles lui garantissant une meilleure position à l'intérieur des groupes formés lors des temps collectifs.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (360 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 310-324

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  • Bibliothèque : Université Paul Sabatier. Bibliothèque universitaire de sciences.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 2012 TOU3 0168
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