Critiques de l’alimentation industrielle et valorisations du naturel : sociologie historique d’une "digestion" difficile (1968-2010)

par Olivier Lepiller

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Jean-Pierre Poulain.

Le jury était composé de Franck Cochoy, Gérard Raphaël Larrère.

Les rapporteurs étaient Gilles Boetsch, Jean-Pierre Corbeau.


  • Résumé

    Cette thèse appréhende d’un point de vue sociohistorique les relations entre les critiques et les justifications de l’alimentation industrielle, en s’intéressant particulièrement à la valorisation du naturel. Aujourd’hui, un certain nombre de produits alimentaires mettent en avant des qualités que l’on peut considérer comme des réponses à la critique. L’objectif central de cette thèse est de rendre compte du processus d’endogénéisation – de "digestion" – de la critique par l’industrie. L’enquête a pris pour objet l’offre contemporaine (une campagne publicitaire, un corpus d’arguments de vente). Dans une perspective diachronique, la critique et ses effets ont en outre été appréhendés grâce à l’analyse des publications de plusieurs types d’acteurs de l’alimentation : diététiciens alternatifs, scientifiques de la nutrition, journalistes et sociologues de l’alimentation. La période couverte s’étend de la fin des années 1960 à 2010. Ces deux approches ont permis de proposer d’une part une typologie du travail de naturalisation opéré par les industriels, qui mettent en oeuvre différentes conceptions de la nature, et d’autre part une typologie de la critique de l’alimentation industrielle. Trois périodes historiques ont été distinguées. La première, de la fin des années 1960 à celle des années 1970, est une période de diffusion de la critique. La suivante (fin 1970 – milieu 1990), est marquée par l’affaiblissement d’une critique sujette à un début de "domestication". Mais elle se relance vigoureusement à partir du milieu des années 1990 à la suite d’épisodes de crise. Simultanément, la "domestication" de la critique se renforce et s’institutionnalise.

  • Titre traduit

    Critiques of industrial food and promotions of the natural : historical sociology of a difficult "digestion" (1968-2010)


  • Résumé

    This thesis aims at seizing the relationships between the critiques and justifications regarding industrial food from a sociohistorical perspective, while paying special attention to the promotion of the “natural”. Today, a number of foodstuffs sales arguments outline qualities that can be considered as answers to critiques. The main objective of this dissertation is to show the production, the diffusion, the circulation and the process of endogenization or “digestion” of the critique by the food industry. The fieldwork focused on the contemporary food market through the construction of an advertising campaign and a corpus of food product sales arguments. Four corpuses of publications by key actors of the food system are then thoroughly studied: alternative dieticians, nutrition scientists, weekly general audience newspaper journalists and sociologists specialised in food. Between the late 1960s and the late 1970s the critique against industrial food spread. During the 1980s, it lost power and tended towards “domestication”. In the middle of the 1990s however, following a number of food crises, the critique regained considerable strength while, simultaneously, seeing its “domestication” broadened and institutionalized


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