Mythe et fabulation dans la fiction populaire de Neil Gaiman

par Cyril Camus

Thèse de doctorat en Études du monde anglophone

Sous la direction de Françoise Besson.


  • Résumé

    Les œuvres de Neil Gaiman sont souvent qualifiées de postmodernes dans la mesure où elles lient expérimentation et autoréflexivité à une démarche de fiction populaire qui leur paraît antagoniste. A l’inverse d'une œuvre postmoderniste typique, qui met en avant sa mise à nu des mécanismes fabulateurs, les métafictions et les parodies gaimaniennes restent des fictions fantastiques et merveilleuses où les enjeux fabulateurs (psychologie et parcours des personnages, intrigue, émotion et suspens) gardent leur place primordiale. Elles ne sont donc pas des œuvres expérimentales mêlées d'éléments de fiction populaire, mais des œuvres de fiction populaire autoréflexive. Cette posture singulière fait de ces œuvres un terrain d'exploration fertile pour la réflexion sur les spécificités de la fiction populaire, et sur la place privilégiée qu'y occupe la fabulation ("storytelling"), notion qu’Henri Bergson ou Frank McConnell considéraient comme le fil rouge entre l’écriture de fiction d’aujourd'hui et la mythopoèse religieuse d’autrefois. Cette dialectique instaurée entre fabulation, mythe et fiction populaire constitue le cœur thématique des œuvres de Gaiman, qui abondent en réécritures de mythes anciens, modernes, religieux, populaires, et en représentations de personnages d’écrivains et de conteurs traditionnels, ou de personae gaimaniennes, qui, au plus fort de l’intrigue comme aux confins du paratexte, au détour d’une préface ou d’une vignette de bande dessinée, forgent une représentation de la fiction comme mythe, de l’écrivain comme figure mythique du conteur, et de la fabulation comme activité humaine quintessentielle.

  • Titre traduit

    Myth and storytelling in Neil Gaiman’s popular fiction


  • Résumé

    Neil Gaiman’s fantasy works are often deemed postmodernist since they experiment with self-reflexivity and mix it with a supposedly antagonistic impulse towards popular fiction. Typical postmodernist works mostly emphasize their attacks against the fictional illusions of referentiality, character or plot. On the contrary, Gaiman’s works unapologetically remain within the bounds of fantasy, a genre in which imagination and storytelling are paramount–along with their related issues: characterization, plot, emotion and suspense. Thus, Gaiman’s fiction is not experimental fiction enhanced with elements of popular fiction, but actual popular fiction made self-reflexive. Thanks to that peculiar mood, studying Gaiman’s work is a very fruitful means of investigating the distinctive features of popular fiction, and its inherent emphasis on storytelling–or, as Henri Bergson called it, “fabulation.” Both Bergson and Frank McConnell focused on this notion which they saw as the essential link between ancient mythmaking and today’s fiction writing. Gaiman’s fiction mostly relies on such a dialectics between myth, popular fiction and storytelling or fabulation. His fantasy stories constantly rewrite ancient, religious myths, modern myths or the “myths” of popular fiction, and feature many fictional and historical writers, traditional storytellers, or Gaiman’s own personae, so that in paratext as well as in the heart of a narrative, in the quiet and supposedly reliable words of an introduction as surely as on the most striking comics panels, fiction is portrayed as myth, writers as mythical avatars of some archetypal storyteller, and storytelling as the one, quintessential human act.


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